Le conflit se corse en Ethiopie et risque de déborder

C’est peut-être une étape majeure dans le conflit qui oppose depuis maintenant douze jours l’Éthiopie à la province dissidente du Tigré, dans le nord du pays. Le Front de libération des peuples du Tigré, le TPLF, a revendiqué dimanche des tirs de roquette qui ont visé samedi la capitale de l’Érythrée voisine. En l’accusant de collaborer avec les forces éthiopiennes.

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Le conflit se corse en Ethiopie et risque de déborder

Plusieurs roquettes ont visé l’aéroport d’Asmara, la capitale érythréenne. Il y en aurait eu quatre, selon la radio érythréenne d’opposition Erena, basée à Paris. L’Érythrée n’a toujours pas communiqué officiellement sur ces frappes. Le président de la région éthiopienne dissidente du Tigré, Debretsion Gebremichael, a officiellement revendiqué ces tirs.

Il affirme que « les forces éthiopiennes utilisent l’aéroport d’Asmara » pour faire décoller des avions qui bombardent le Tigré. Ce qui en fait, selon lui, « une cible légitime ». Ce dirigeant du TPLF affirme également que les forces érythréennes sont présentes au Tigré « sur plusieurs fronts » et « depuis plusieurs jours ». Des accusations démenties par Asmara . Cela aurait notamment été le cas dans la ville d’Humera, théâtre d’une longue bataille finalement perdue par les combattants du TPLF, qui les prive ainsi d’un accès au Soudan, très important en termes d’approvisionnement.

Le président éthiopien Abiy Ahmed a déclaré, dimanche, qu’Addis-Abeba était « plus que capable » d’atteindre ses objectifs « par elle-même » et que les opérations militaires « progressaient bien ». Des médias d’État éthiopiens ont d’ailleurs affirmé que les troupes nationales s’étaient emparé de la localité d’Alamata, dans le sud-est du Tigré.

« S’il est avéré », le rôle de l’Erythrée dans le conflit éthiopien constituerait « un tournant majeur », avec un appui des Émirats arabes unis. Un cadre du Front de libération des peuples du Tigré affirme que les drones émiratis basés dans le port érythréen d’Assab, qui a été récemment réhabilité par les Emirats, sont utilisés par l’Ethiopie. 

Pour rappel, l’attaque contre un bus a fait au moins 34 morts parmi les civils dans la province du Benishangul-Gumuz, lieu de nombreux raids ces derniers mois, assure Aaron Masho, le porte-parole de la commission éthiopienne des droits de l’homme. « C’est seulement la dernière attaque d’une longue série. Le mois dernier des hommes armés ont tué 15 individus. Quelques semaines plus tôt de nombreuses personnes ont perdu la vie et plus de 300 ont dû être déplacées. » 

On recense plus de 100 morts depuis septembre dans la région. Les causes varient selon les interlocuteurs, certains parlent de revendications territoriales, d’autres de la proximité avec le barrage de la Renaissance, autre raison avancée : l’épuration ethnique contre les communautés Amharas.

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