Le Dakar délocalisé en Arabie: Du sportwashing par excellence !

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Le Dakar délocalisé en Arabie Du sportwashing par excellence !

Exit l’Amérique latine et ses onze éditions !
Le Dakar se délocalise en… Arabie saoudite, Royaume à la réputation sulfureuse depuis l’assassinat de Jamal Khashoogi et le continuum du conflit yéménite avec son concert de morts et de blessés.

La 42ème édition du Dakar a tout pour nourrir la polémique. Et jeter le discrédit sur le contrat passé entre Amaury Sport Organisation (ASO) et le royaume wahhabite qui fixe à janvier le démarrage de ce rallye appelé à sillonner le désert d’Arabie pour les cinq prochaines années.
Reporters sans frontières (RSF) rappelle aux uns et aux autres qu’en Arabie saoudite, une «répression aggravée» y a cour depuis l’arrivée au pouvoir du jeune prince héritier Mohamed Ben Salmane en juin 2017. Car derrière le discours d’ouverture, la machine répressive broie toujours du saoudien.
Le nombre de journalistes et de journalistes-citoyens derrière les barreaux a plus que triplé depuis 2017.
Un triste record qui alarme aussi d’autres ONG de la trempe d’Amnesty International ou encore de Human Rights Watch.

ASO aura succombé au charme des pétrodollars et fait fi de l’esprit de Thierry Sabine, fondateur du rallye.
Rejoignant en cela les multiples agences et autres officines de lobbying qui, contre des fortunes, tentent de redorer le blason de MBS.
Le Dakar 2020 a donc tout pour s’apparenter à une opération de « sportwashing ». Et ouvrira donc la piste à d’autres opérations similaires, comme la Supercoupe d’Espagne programmée très bientôt dans le royaume.
Dans ce jeu de dupes, la chaîne espagnole publique TVE a refusé de participer à l’appel d’offre pour diffuser la Supercoupe espagnole quitte à se mettre à dos la fédération ibérique.

Qu’en sera-t-il pour France Télévisions, ce partenaire historique du rallye d’ASO, dont la charte éthique est sans équivoque ?
Dans un communiqué fort à propos, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) rappelle que le groupe France Télévisions est une « télévision de service public » qui a pour vocation de représenter « la référence en matière de qualité et d’innovation des programmes, de respect des droits de la personne, de pluralisme et de débat démocratique ».
France Télévision fera-t-il valoir ces principes avant les intérêts d’audience bassement mercantiles où pliera-t-il devant les obligations de la Realpolitik sonnantes et trébuchantes? Le rallye mythique cale déjà aux yeux de nombreux défenseurs des droits humains.

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