Le drapeau israélien brûlé à Khartoum

Des dizaines de manifestants soudanais ont brûlé le drapeau israélien dimanche à Khartoum pour protester contre la décision des autorités de normaliser les relations avec Israël.

0
Le drapeau israélien brûlé à Khartoum

Ils se sont rassemblés devant le siège du gouvernement, scandant des slogans anti-Israël et brandissant des pancartes avec les mentions « la normalisation est une trahison » ou « la normalisation est un crime ». Une autre bannière dénonce l’accord de normalisation comme « un chantage américain ». 

Le 6 janvier, à l’occasion de la visite du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, le Soudan a signé un accord de normalisation avec Israël et obtenu simultanément une aide financière des Etats-Unis, quelques semaines après le retrait de Khartoum de la liste américaine des Etats accusés de financer le terrorisme.

L’accord de normalisation doit encore être ratifié par le pouvoir législatif avant d’entrer en application. Or le Soudan ne dispose toujours pas d’un Parlement de transition.

Les autorités soudanaises de transition sont en place depuis la révolte populaire qui a chassé du pouvoir le président Omar el-Béchir en avril 2019.

Tant attendu par Khartoum, le retrait de la liste noire américaine devrait offrir une bouffée d’oxygène à l’économie du Soudan décimée par les sanctions américaines, la mauvaise gestion et les conflits armés sous Omar el-Béchir, aujourd’hui en prison.

Le Darfour à feu et à sang

Force aussi est de souligner que plusieurs jours de violences ont fait au moins 48 morts et une centaine de blessés au Darfour, dans l’ouest du pays. Les affrontements ont eu lieu dans la région d’El Geneina, dans l’ouest de la province. Un camp de déplacés a été attaqué et les violences se sont propagées ailleurs dans la zone, tout cela dans un contexte de dégradation sécuritaire dans la région.

Ce serait le meurtre d’un homme qui aurait mis le feu aux poudres. Vendredi, un membre de la tribu arabe Rizeigat aurait été poignardé à mort, dans un marché du camp de déplacés de Krinding. Un suspect a été arrêté mais l’entourage de la victime a décidé de se venger. Le camp a été attaqué et des dizaines de maisons brûlées. Puis, le conflit s’est étendu avec des affrontements entre milices de tribus arabes et non arabes.

Le gouverneur du Darfour Ouest a mis en place un couvre-feu, samedi 16 janvier, avec fermeture des marchés et interdiction de tout rassemblement dans la région. Mohammed Abdalla al-Douma a appelé au calme et demandé aux anciens d’engager des médiations mais dans le même temps, les forces de sécurité ont reçu le mandat d’utiliser la force pour contrôler la situation et arrêter les auteurs des violences.

Le Syndicat local des médecins a justement demandé aux autorités soudanaises de sécuriser les Centres de Santé et d’organiser des convois sécurisés pour aller secourir les blessés sur le terrain. L’organisation se plaint également du manque de moyens et a demandé aux collègues des autres régions de venir prêter main forte aux hôpitaux locaux.

Le Premier ministre, lui, a organisé une réunion d’urgence. Une délégation menée par le procureur général doit se rendre sur place mais pour la puissante Association des Professionnels, toutes ces mesures sont insuffisantes. Pour elle, il faut absolument renforcer les forces locales et surtout contrôler le trafic d’armes.

 

 

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus