Le FGD a-t-il décliné l’offre de Benkirane ? Entre quiproquos et mystifications…

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Nabila Mounib a-t-elle décliné l’invitation du Chef du gouvernement désigné Abdalilah Benkirane dans le cadre des rencontres entre ce dernier et les chefs des partis représentés au Parlement ? Une question qui reste sans réponse au moment où celle-ci est restée sourde à nos nombreux appels et messages. Pourtant, le secrétaire général du Congrès national ittihadi (CNI), nous a confirmé la déclinaison de l’offre Benkirane. Que s’est-il passé exactement ? Décryptage
Qui croire ? Le site febrayer.com qui a attribué à Nabila Mounib son refus de rencontrer Benkirane ou quid.ma qui affirme que celle-ci a été « surprise par cette information, avant de la démentir de façon catégorique » ? Ou encore le site officiel du parti du Chef du gouvernement pjd.ma qui confirme que « madame Mounib a décliné l’invitation via la presse ». S’il s’agit d’une intox, il n’y pas de responsable sur sa prolifération que Madame Mounib. Celle-ci qui refuse de trancher en ignorant appels et messages en serait le véritable instigatrice. Et pourtant, l’information a été vérifiée. Le secrétaire général du Congrès National Ittihadi (CNI) Abdeslam Laâziz, nous a confié que la Fédération de la Gauche démocratique (FGD) a, effectivement, décliné l’invitation du Chef du gouvernement. « Nous n’allons pas rencontrer le Chef du gouvernement Abdalilah Benkirane », nous a-t-il déclaré. Pour ce qui est des raisons invoquées, A. Laâziz affirme qu’il « ne serait pas judicieux de le rencontrer au vu des positions affichées par la FGD ». « Notre position, nous l’avons annoncée il y a de ça longtemps », a-t-il dit en poursuivant : « Nous allons siéger au rang de l’opposition constructive ». Pour lui, « les labyrinthes dans lesquels s’est enfoncé le débat public durant les cinq dernières années avec les insultes et les écarts de langage », empêchent la FGD de s’immiscer dans ce jeu. Car, de son point de vue, « ce débat rabaissé parasite l’opinion publique et prête à confusion ».
En outre, il nous a confié que la FGD n’est pas concernée par la formation d’une coalition. « Nous avons considéré que nous ne sommes pas concernés par la formation d’une coalition gouvernementale étant donné que notre place normale est l’opposition ». Et d’ajouter, « deuxièmement, il y a eu un point de vue qui dit que si on part à cette rencontre que ça peut être mal interprété dans l’atmosphère actuelle ». Critiquant l’atmosphère régnante, A.Laâziz affirme que « s’il y avait une atmosphère normale, on aurait pu rencontrer Si Benkirane, mais, sincèrement, on a estimé qu’une telle rencontre pourrait semer la zizanie parmi nos militants et nos sympathisants ». « On n’a pas voulu laisser planer le doute quant à une éventuelle participation au gouvernement étant donné qu’un tel débat ne s’est même pas engagé ». « Si les partis politiques qui prenaient des positions les mettaient en pratique, les choses auraient pu être plus faciles, mais malheureusement ce n’est pas le cas. Le débat entre ces partis s’est rabaissé à des niveaux déplorables et ces derniers sont les mêmes qui s’échangent les sympathies, s’est-il exclamé avant de trancher : « Il n’y a pas d’autres considérations ».
La position du secrétaire général du CNI est on ne peut plus claire et la déclaration de Benkirane à Alayaoum24.com, selon laquelle « il a pris contact avec la dirigeante de FGD et secrétaire générale du Parti socialiste unifié, pour une rencontre » et que celle-ci a demandé qu’un délai lui soit accordé, « mais n’a plus fait signe depuis », laissent dire que la FGD connaît, au lendemain des élections, un débat interne des plus vifs sur la démarche à suivre. Le FGD volera-t-il en éclats après les législatives ? Au CNI, on ne cache plus les critiques qui fusent à l’endroit du PSU…

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