Le flou persiste sur les systèmes de défense antiaériens russes S-400, activés par Ankara

Des médias turcs ont affirmé que la Turquie avait effectué vendredi le premier test d’un système russe de défense ultrasophistiqué dont l’achat par Ankara a provoqué la colère des Etats-Unis. Washington a vivement réagi en lançant une sévère mise en garde aux responsables turcs. 

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Le département d’État américain a mis en garde le gouvernement turc contre des «conséquences potentielles graves» de l'activation es systèmes antiaériens russes S-400

Selon la chaîne de télévision progouvernementale A Haber, l’armée turque a procédé à un tir d’essai du système S-400 dans la province de Sinop (Nord). D’autres médias turcs ont partagé une vidéo amateur montrant une traînée blanche dans le ciel. Le ministère turc de la Défense a refusé de confirmer ou d’infirmer ledit tir.

Le département d’État américain a mis en garde le gouvernement turc contre des «conséquences potentielles graves» pour les relations entre les deux pays si les informations concernant des tests des systèmes antiaériens russes S-400 s’avéraient véridiques.

Vendredi 16 octobre, les États-Unis ont désapprouvé les actions supposées de la Turquie, membre de l’Otan, qui aurait effectué son premier test de système de défense antiaérienne russe au mépris des avertissements américains.

«S’il était confirmé, nous condamnerions dans les termes les plus forts le lancement du missile d’essai S-400 comme incompatible avec les responsabilités de la Turquie en tant qu’allié de l’Otan et partenaire stratégique des États-Unis», a déclaré Morgan Ortagus, porte-parole du département d’État. Elle a signalé que les États-Unis s’attendaient à ce que le système russe ne soit pas opérationnel. «Nous avons également été clairs sur les conséquences potentielles graves pour nos relations sécuritaires si la Turquie active ces systèmes», a-t-elle ajouté.

La réaction de Washington intervient après que Reuters a annoncé qu’un ou plusieurs missiles sol-air S-400 ont été tirés près de la ville de Sinop dans le nord de la Turquie. Des images d’une étroite colonne de fumée haute dans un ciel bleu ont été publiées. Selon l’analyste défense du média Turan Oguz, ce panache laisse penser qu’il s’agit d’un lancement de missile S-400 de fabrication russe.

Le ministère turc de la Défense a déclaré qu’il ne confirmerait ni ne nierait aucun test de missile. Ankara avait précédemment déclaré son intention de rendre pleinement opérationnels les S-400 achetés à Moscou d’ici fin 2020.

La Turquie a déjà suscité de nombreuses réactions négatives des États-Unis en lien avec l’acquisition de ces systèmes de défense antiaérienne. À la suite de la livraison des quatre premières batteries de missiles par la Russie en août 2019, Washington a suspendu la Turquie du programme d’avions de combat F-35 et a menacé de nouvelles sanctions.

L’acquisition des S-400 par la Turquie, dans un contexte de rapprochement entre Ankara et Moscou, a provoqué des frictions avec plusieurs pays occidentaux qui mettent en avant l’incompatibilité de ces systèmes russes avec les dispositifs de l’Otan.

En réaction à la livraison de la première batterie l’an dernier, les Etats-Unis ont suspendu la Turquie du programme de fabrication de l’avion de guerre américain dernier cri F-35, estimant que les S-400 pourraient en percer les secrets technologiques. Washington a également menacé Ankara de sanctions si les S-400 étaient activés.

En dépit des mises en garde répétées de Washington, le président Recep Tayyip Erdogan a plusieurs fois affirmé que les S-400 seraient bien déployés. Ankara se défend en affirmant que les Etats-Unis ont refusé de lui vendre le système américain concurrent de défense anti-aérienne et antimissiles Patriot.

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