Le gouvernement El Othmani interpellé: Pas de temps à perdre!

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Pressé de toutes parts, le nouvel Exécutif est appelé à gérer la dictature du temps en rattrapant les mois perdus en conciliabules stériles. Si l’obtention du vote de confiance du Parlement peut s’avérer une simple formalité, la colère qui sourd au sein du PJD devant être apaisée avec le déplacement fait par les ministres islamistes au foyer d’Abdelilah Benkirane, l’adoption de la Loi de finances est de nature donner quelques soucis au regard de sa nécessaire réadaptation aux nouvelles orientations qui seront énoncées dans la feuille de route de l’Exécutif.
On prête déjà à Saâd-Eddine El Othmani et aux autres leaders de la coalition d’avoir anticipé les changements attendus avec la mise en place d’une commission socio-économique pour ficeler le programme de gouvernement. Lequel sera bouclé à temps pour être soumis au Parlement, dès l’ouverture de la session du printemps prévue le 14 avril.
Une fois le programme décliné devant le Parlement et le vote de confiance obtenu, ce sera autour de la Loi de finances, déposée en octobre dernier, sans être ni discutée ni adoptée, blocage gouvernemental oblige, que l’intérêt de l’Exécutif se focalisera. Car c’est en faisant valoir l’article 50 de la Loi organique des finances que le gouvernement sortant a pu débloquer par décret les crédits nécessaires à la bonne marche des services publics. Pour le reste, les dispositions incluses dans le projet de Loi de finances déposé et qui sont à l’avantage du contribuable sont entrées en vigueur depuis le 1er janvier. Au regard de l’urgence, l’Exécutif devra maintenir le PLF en l’état quitte à introduire quelques amendements lors de sa discussion au Parlement. C’est donc la Loi de finances 2018 qui déterminera les choix de la nouvelle politique gouvernementale.
Si le déroulé des événements est appelé à ne subir aucun retard pour normaliser la marche des institutions, il n’en reste pas moins que c’est sur le front social que le tempérament conciliant prêté à S.E. El Othmani sera mis à rude épreuve.
En effet, nul ne sait si le dialogue social, mis en veilleuse par le gouvernement précédent, vivra une nouvelle vie avec la promotion d’un syndicaliste, Mohamed Yatim en l’occurrence, à la tête du département de l’Emploi. S’il est vrai que de nouveaux rapports doivent être initiés auprès des centrales syndicales pour regagner leur confiance et apaiser un tant soit peu la tension qui sourd, il n’en reste pas moins que « le climat social » est devenue une notion vague sur laquelle les traditionnels syndicats n’ont plus prise. Comme tout un chacun a pu le constater à l’occasion des accès de fièvre qui se déclarent au niveau de plusieurs régions du pays. Et dans ce cadre-là, nul ne sait si la rivalité entre Abdelouafi Laftit, le nouveau ministre de l’Intérieur, connu pour avoir tenu la dragée haute aux représentants du PJD, et M. Yatim cédera la place à une approche des plus conciliantes…
Le successeur d’Abdelilah Benkirane hérite de nombreuses patates chaudes. Saura-t-il se départir de la ligne de conduite instaurée par son rival et mentor prompt à souffler le chaud et le froid et décliner une autre grammaire de gouvernement ? On prête plusieurs vertus au Dr El Othmani. L’humilité dont il fait preuve est un capital à ne pas dilapider pour que la formule de la coalition à six tienne la route…
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