Le HCP chiffre l’impact des violences faites aux femmes 

En plus de l’impact psychique et corporel, la violence envers les femmes et surtout dans la cadre conjugale engendre des charges supplémentaires suite au recours des victimes aux services judiciaires et de santé, selon les résultats relatifs au coût social de la violence à l’encontre des femmes et des filles, dévoilés par le Haut-Commissariat au Plan (HCP).

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Le HCP chiffre l’impact des violences faites aux femmes 

La violence faite aux femmes en général et dans le contexte conjugal en particulier impacte aussi le niveau de vie des femmes ou de leur ménage, puisqu’elle génère souvent des dépenses supplémentaires qui représentent une surcharge sur le budget du ménage notamment, le recours aux soins de santé de la part de la victime et/ou de son partenaire, aux services judiciaires en cas de poursuite, destructions ou endommagement de biens, déplacements, hébergements. C’est ce qu’affirme le HCP d’après son enquête nationale sur la violence à l’égard des femmes et des hommes de 2019.  

L’enquête fait aussi ressortir que parmi les victimes ayant eu des problèmes de santé suite à l’incident de violence physique le plus grave subi au cours des 12 derniers mois, 48% ont fait appel à au moins un prestataire de service de santé (médecin, personnel paramédical, etc). Elles sont 40% à y faire appel suite à une violence sexuelle, indique la même source, notant que les proportions des femmes victimes de violence dans l’espace public ayant eu des problèmes de santé et qui ont eu recours aux prestations médicales sont de l’ordre de 60% en cas de violence physique et 20% en cas de violence sexuelle. En plus des dépenses en lien avec les problèmes de santé, 7% des femmes victimes de violence physique et 2% de violence sexuelle dans le cadre conjugal ont déposé une plainte ou ont engagé des actions judiciaires après l’incident le plus grave de ces deux types de violence. Ces proportions sont encore plus importantes quand il s’agit de violence dans un cadre hors conjugal (22% et 3,3% respectivement). 

Par ailleurs, le HCP fait savoir que plus de 9% des femmes victimes de violence conjugale ont vu des biens personnels du ménage détruits ou endommagés suite à l’incident de violence physique, qualifié de plus grave, dont 37,5% des victimes ont dû les remplacer ou les réparer. Et d’ajouter que du fait que la femme soit victime d’une agression physique et/ou sexuelle dans le cadre conjugal, elle se trouve parfois contrainte d’arrêter ses engagements familiaux, notamment de prendre soin des membres de sa famille ou d’elle-même et de s’occuper de certaines tâches domestiques. 

Cet état de fait est observé chez plus de 8 victimes sur 100, après l’incident de violence physique qualifié le plus grave, ainsi que parmi 3% des victimes d’une violence sexuelle. Cette perturbation du cours normal de la vie du ménage peut atteindre des niveaux assez importants lorsque la victime fuit la violence en quittant le domicile. En effet, 16% de victimes quittent le domicile conjugal suite à l’incident de violence physique le plus grave et 3,5% suite à celui de violence sexuelle. Ces victimes recourent principalement aux parents ou à la famille proche pour s’héberger (94% en cas de violence physique et 80% en cas de violence sexuelle). Le fait de quitter la maison après la violence n’affecte pas seulement la stabilité du foyer, laquelle est capitale pour le développement psychosocial des enfants et leur bien-être mais également celle des personnes et familles auxquelles les victimes ont eu recours comme source de soutien informel et dont le quotidien et la qualité de vie s’en trouvent affectée.

14 jours de travail/ an de perdus 

Une femme violentée active occupée perd en moyenne 14 jours de travail par an suite à l’incident de violence physique le plus grave subi au cours des 12 derniers mois selon le HCP, ajoutant que plus de 14% de victimes actives occupées ont été contraintes à s’absenter de leur travail après l’incident de violence physique le plus grave.  

« La violence physique et/ou sexuelle dans le contexte conjugal se répercute non seulement sur la santé de la victime et son entourage, mais aussi sur ses activités socioprofessionnelles notamment par un absentéisme au travail et sur différents aspects des rapports sociaux », souligne le HCP ajoutant que  l’absentéisme du travail, que ce soit de la victime ou de son conjoint agresseur, a des impacts négatifs aussi bien sur le ménage quant aux pertes éventuelles de revenu que sur la société en termes de manque de productivité. 

Outre le contexte conjugal, l’absentéisme au travail chez les actives occupées victimes de la violence physique dans l’espace public est un phénomène assez fréquent (29,8%), relève le HCP. Ainsi, le nombre moyen de jours de travail perdus suite à des violences physiques survenant dans l’espace public est de 8 jours par an par victime active occupée, précise-t-il. Quant aux effets directs de la violence vécue dans le cadre de l’exercice d’une activité professionnelle, l’enquête montre que les réactions des victimes suite à une violence physique ou sexuelle se manifestent au-delà de l’absentéisme. 

Le vécu de la violence impacte, en effet, négativement le rendement des victimes et leur engagement socioprofessionnel (changement ou abandon d’emploi), ainsi que leur bien-être psychologique et social et celui de leur entourage. Aussi, plus de la moitié des victimes de violence physique et/ou sexuelle dans le cadre de l’exercice de leur activité professionnelle déclarent une diminution de leur rendement au travail (53%), environ 40% de femmes ont dû changer de travail, tandis que 7% des victimes ont carrément quitté le marché du travail.

Réalisée par le HCP avec l’appui de l’ONU Femmes – Maroc, dans le cadre de la campagne nationale et internationale de mobilisation pour l’élimination de la violence à l’encontre des femmes, cette enquête a été menée entre février et juillet 2019. L’étude du coût social de la violence a porté sur la population de filles et de femmes âgées de 15 à 74 ans ayant déclaré avoir eu des expériences de violence physique et/ou sexuelle au cours des 12 derniers mois. Elle est en plus appréciée selon le contexte de violence qu’il soit conjugal, familial, dans les lieux de travail, les lieux d’études et les lieux publics.

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