Le Japon dope sa défense 210 milliards d’euros de commandes !

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Le Japon dope sa défense 210 milliards d’euros de commandes !

Tokyo bombe le torse et entend le faire savoir en approuvant, mardi, un plan de programmation militaire qui comprend de gigantesques commandes aux industriels US. La Chine est désormais l’ennemi déclaré de l’Empire du Soleil levant. Le gouvernement japonais de Shinzo Abe explique désormais qu’il doit très rapidement réorganiser sa politique de sécurité pour répondre à l’inquiétante montée en puissance de la Chine dans la région. « Nous avons besoin de développer des capacités de défense véritablement efficaces plutôt que de simplement étendre nos capacités traditionnelles », prévient l’exécutif japonais dans son nouveau plan de programmation militaire approuvé mardi pour les cinq prochaines années.

Dans son analyse de la géopolitique régionale, les Japonais pointent certes la menace des missiles balistiques intercontinentaux nord-coréens et l’activité russe au nord de l’archipel, mais s’alarment surtout de la pression chinoise dans les mers de la zone. Le texte évoque ainsi les activités militaires de Pékin en Mer de Chine orientale, où les deux pays se disputent la souveraineté de petits îlots, mais également les ambitions chinoises dans le Pacifique ou sur des mers plus au sud, où patrouillent de plus en plus de navires chinois. Le plan rappelle encore les investissements de la Chine dans les technologies militaires spatiales et la cyberguerre.

« L’inquiétude est forte », selon l’exécutif japonais qui estime que la nation ne peut plus se contenter, comme il le faisait depuis 1945, d’un simple système d’autodéfense dépendant des Etats-Unis. « Nous allons sécuriser, à la fois en quantité et en qualité, les systèmes de défense qui sont nécessaires afin de répondre au rapide changement de nos conditions de sécurité », a confirmé Yoshihide Suga, porte-parole du gouvernement.

Pour accélérer une remise à niveau de son armée, Tokyo se propose de dépenser sur les cinq prochaines années fiscales (à partir d’avril 2019) 27.470 milliards de yens, soit 210 milliards d’euros, essentiellement en achats de nouveaux équipements militaires. Et pour joindre le geste à la parole, le gouvernement de Shinzo Abe a annoncé mardi une commande supplémentaire de 105 F-35 de l’américain Lockheed Martin, qui va venir s’ajouter à un récent achat de 42 avions de chasse de cette génération, destinés à remplacer, notamment, la vieille flotte de F-15. Dans le cadre de ce gigantesque contrat, le pays va se doter de plusieurs F-35 B, probablement dans leur version dite STOVL, qui permet des décollages courts ainsi que des appontages verticaux sur des porte-avions.

Le pays a, en effet, formellement reconnu qu’il allait, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, se doter de porte-avions. Les navires ne proviendront pas d’un coûteux et délicat développement ex nihilo mais résulteront d’une transformation de ses deux porte-hélicoptères, Izumo et Kaga, récemment mis en service. Leurs ponts de 248 mètres de long vont ainsi être réaménagés pour accueillir les nouveaux chasseurs. Tokyo va aussi acquérir deux versions terrestres du système de défense aérienne Aegis Ashore, qui pourraient notamment protéger son territoire d’éventuels missiles nord-coréens. Le pays prévoit également l’achat de quatre avions ravitailleurs KC-46 Pegasus produits par Boeing.

A un moment où la Maison-Blanche s’agace du déficit commercial élevé des Etats-Unis avec le Japon, ces commandes ont de quoi faire taire les Tweet de D. Trump.

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