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Le Maroc teste l’Algérie à Genève: De quoi seront faits les efforts de H. Köhler ?

Les regards des observateurs se braquent cette semaine sur Genève qui accueillera les 5 et 6 décembre, comme convenu avec l’ONU, les délégations participant à la table-ronde sur le Sahara. En effet, ce rendez-vous revêt une importance cruciale en ce sens que c’est à partir de cette date-là que le verdict sera connu quant au succès de la mission à laquelle s’attèle Horst Köhler, envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara. Ce dernier qui a rappelé aux uns comme aux autres qu’il était temps « d’ouvrir un nouveau chapitre dans le processus politique », souligne la lettre d’invitation adressée en octobre aux différentes parties.

Nul besoin de rappeler à cette occasion que la partie marocaine prend part à cette rencontre en parfaite connaissance de cause. C’est-à-dire en capitalisant sur toutes les tentatives, jusque-là infructueuses, menées par les prédécesseurs de H. Köhler. A Rabat, on a eu largement le temps de passer au crible le cycle des rencontres de Manhattan qui a fini par s’essouffler en 2012. Et d’évaluer les rôles assumées par les parties invitées à ces rencontres tenues dans la banlieue de New-York. C’est la raison pour laquelle le Maroc qui fait œuvre d’acteur qui assume ses engagements envers la communauté internationale conditionne toute reprise du dialogue sur la question saharienne par la réactivité des autres invités en qualité de parties prenantes.

Dès lors, Alger doit assumer le rôle qui est le sien, dans cette étape, au même titre d’ailleurs que Nouakchott. Pour rappel, via la résolution du mois d’octobre, le conseil de sécurité avait fait référence à une table ronde avec quatre participants, ne faisant plus la distinction entre parties au conflit d’un côté, et pays voisins concernés ou intéressés de l’autre. Autant dire que la diplomatie marocaine voit en cette étape genevoise  un test grandeur nature susceptible de montrer s’il est possible de lancer un vrai round de négociations ou de discussions, avec un rôle actif et public de l’Algérie. Et si un intérêt particulier est mis sur notre voisin de l’Est, ce n’est pas pour rien : Alger abrite et soutient le mouvement de sécession depuis 1975…

Dans une note d’information de l’ONU, on souligne que la réunion de Genève  est « le premier pas d’un processus renouvelé de négociations » pour une « solution juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’auto-détermination du peuple du Sahara occidental ». Reste que l’ordre du jour est assez lâche en ce sens qu’il fait référence à la « situation actuelle, intégration régionale, prochaines étapes du processus politique », d’après une note citée par l’AFP. Même en étant aussi vague, la table ronde à laquelle prendra par la délégation marocaine composée de Khattat Yinja, président de la région de Dakhla-Oued Eddahab, Sidi Hamdi Ould Errachid, président de la région de laâyoune-Saka Hamra, et Mme Fatima Adli, acteur associatif et membre du Conseil municipal de Smara, a une valeur de test. Et si le Maroc milite en faveur d’une solution politique qui s’inscrit dans la durée tout en se basant sur le compromis, rien ne l’empêche de veiller sur ses intérêts souverains en faisant valoir son « intégrité territoriale » qui ne transige en rien en ce qui concerne la marocanité du Sahara. L’offre d’autonomie proposée par le Roi est le maximum de ce que le Royaume puisse offrir pour mettre un terme à un conflit qui a plombé la région maghrébine depuis des décades. C’est certainement ces mêmes arguments que la délégation marocaine, conduite par Nasser Bourita, et comprenant aussi Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies, fera valoir.

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