Le ministre du sport devant les députés: Un débat monotone et biaisé…

Auditionné par la commission des affaires sociales de la Chambre des députés, mardi dernier, dont le seul point inscrit à l’ordre du jour a porté uniquement sur la reprise des activités sportives, Outhman El Ferdaouss, ministre du sport depuis deux mois, s’est retrouvé devant un parterre tout à ses divagations. La myriade de questions soulevées ont une relation plus avec le département de la Jeunesse et des Sports qu’avec les compétitions sportives.

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Le ministre du sport devant les députés: Un débat monotone et biaisé…

Les députés ont saisi l’occasion pour dénoncer un tollé de dysfonctionnements de l’administration ministérielle. À tort ou à raison, le débat n’a pas revêtu un caractère stratégique. A moins qu’il s’agisse de Abbass Lamghari, député du groupe parlementaire du Rassemblement Constitutionnel (UC et RNI), qui a interpellé le ministre sur la loi de finances rectificative qui risque de frapper de plein fouet le budget sectoriel par des mesures austères !

A part son exposé sur la reprise des activités sportives, Outman El Ferdaouss, même si son calme olympien cache un fiel et une rigueur, a essayé de répondre intelligemment en usant d’un euphémisme. Concernant les directeurs centraux du département de la Jeunesse et des Sports que certains députés n’ont pas ménagés, O. El Ferdaouss a argué le problème de process. Ce qui est incontestable mais il est aussi question de profils qui ne cadrent pas avec les attributions des directions centrales. Le cas de la Direction du sport est révoltant. 

Sur la stratégie de développement du sport, Outhman El Ferdaouss, a dit ‘’qu’il faut attendre l’officialisation de nouveau modèle du développement’’. Avec ou sans le nouveau développement économique, la stratégie de développement du sport déclinée en 2009 à l’issue du Grenelle de Skhirat en 2008, demeure d’actualité et il appartient au gouvernement de ‘’l’ériger en politique publique en appui d’une loi-cadre’’ , souligne-t-on dans un rapport thématique du Conseil Économique, Social et Environnemental sur la politique sportive au Maroc. Et l’on sait déjà que le sport, fait social global, n’est pas à l’ordre de la Commission chargée par le Roi sur la réflexion d’un nouveau modèle du développement. Pourtant, il s’agit d’un secteur qui est considéré comme l’un des piliers de tout projet sociétal. Et c’est ce qui a été exprimé par la plus haute autorité du Maroc à travers la Lettre Royale adressée aux congressistes des assises nationales sur le sport en 2008.

O. El Ferdaouss a certes hérité de ses prédécesseurs de grands problèmes insolubles. Il ne lui appartient pas, à lui seul, de faire sortir la stratégie de développement sans politiques publiques coordonnées, comme souligné dans la Lettre Royale. Mais le ministre qui gère un département ministériel, devenu un panier de crabes à cause de directeurs centraux incompétents, doit assainir le département en faisant appel à de vraies compétences. Car comme l’a évoqué le rapport de la CESE,’’ l’organisation du département de la Jeunesse et et des sports n’a pas été revue et adaptée aux objectifs de la stratégie’’.

Ne dit-on pas ’’ qu’à chacun de cultiver son jardin ‘’, Monsieur le ministre ?

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