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Le Niger veut faire la lumière sur les surfacturations dans des contrats d’armement

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Selon le procureur de Niamey, « L’État sera intégralement mis dans ces droits et force restera à la loi ». C’est le message envoyé par son bureau qui communiquait ce mardi, après avoir reçu le rapport sur les détournements de fonds dans le secteur de la défense. 

En février dernier, un audit levait le voile sur des surfacturations ou des livraisons de matériels jamais effectués. Un manque à gagner pour l’État estimé à près de 100 milliards de francs CFA. Un scandale qui éclabousse jusque des proches de la mouvance présidentielle.

Le gouvernement avait menacé de transmettre à la justice uniquement le dossier de ceux qui ne rembourseraient pas.  Mardi, le procureur assure que des poursuites seront engagées, sans donner plus de détails.

Ce transfert de document du ministère de la Défense jusqu’à la Justice était réclamé par la société civile. Elle avait d’ailleurs organisé une manifestation le 15 mars. 3 personnes étaient décédées, 8 autres arrêtés selon la Fédération internationale des droits de l’homme. Certains sont toujours en prison.

Le ministre nigérien de la Défense, Issoufou Katambé, avait regretté que « des soldats se font tuer sur le front  alors que les hommes d’affaires et leurs complices tapis au sein du ministère se sucrent. »

Cet audit, mené sur instruction du chef suprême des armées, le président Issoufou Mahamadou, a mis en évidence des malversations financières entre 2011 et 2019. Des sources bien informées au ministère de la Défense indiquent que la gabegie concerne surtout les trois dernières années 2017-2019 au grand dam du Trésor public.

Les exemples donnés sont légion : deux hélicoptères de 30 millions de dollars ont été surfacturés à 47 millions de dollars. Plusieurs hommes d’affaires proches de la mouvance présidentielle ont été cités dans l’audit. Sur un marché de 151 milliards de francs CFA par exemple, 75% sont allés à une seule société, celle de l’homme d’affaires Boubé Hima, alias « Petit Boubé ».

Le manque à gagner pour l’État s’élèverait à près de 100 milliards de francs CFA (15 millions d’euros). Aussi pour rentrer dans ses droits, le gouvernement a décidé de faire rembourser le montant indûment perçu entre autres, et de transmettre aux tribunaux compétents les dossiers des fournisseurs qui refuseraient de s’exécuter.

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