Le Patronat sur les pistes de la relance du tissu productif, TPME en tête

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a tenu  à Casablanca en mode visioconférence, son  Conseil national de l’Entreprise. Une occasion de revenir sur les doléances du Patronat en ces temps de crise marqués entre-autres par le manque d’efficacité dans l’exécution des décisions prise pour relancer le tissu productif national et principalement les TMPE.  

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Le Patronat sur les pistes de la relance du tissu productif, TPME en tête

Dans un réquisitoire fait à l’occasion du conseil national de l’entreprise tenu en présence du ministre de l’Industrie,  Chakib Alj,  président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), a  listé une bonne partie des maux auxquels font face les entreprises nationales en ce temps de crise.  

Selon le patron des patrons, pour qui  « l’heure est à l’action », la réactivité et le sens de l’urgence observés en début de crise, notamment au sein du CVE, ne sont plus palpables, alors que la survie des entreprises et la pérennité des emplois sont extrêmement menacées.  De plus, selon C. Alj les mesures mises en place, jusqu’à présent, restent insuffisantes pour une relance effective surtout dans les secteurs les plus impactés : «  nous sommes en attente de l’opérationnalisation rapide des annonces de Sa Majesté que Dieu l’assiste à l’occasion de la Fête du Trône, notamment le fonds d’investissement stratégique pour renforcer les fonds propres, fonds qui – nous sommes convaincus – jouera un rôle majeur dans la reprise de ces secteurs sinistrés notamment ».  

En plus de la mise en œuvre des mesures annoncées par le Roi, le président de la CGEM  a pointé d’autres  grandes priorités notamment la nécessité de mettre en place un « Small Business Act » pour assurer à la très petite, petite et moyenne entreprises (TPME) davantage d’accessibilité à la commande publique et ce avec des incitations et des garanties appropriées Une autre priorité est la préservation de la compétitivité des entreprises, a-t-il poursuivi, notant que celle-ci reste étroitement liée à la capacité d’investissement limitée en raison d’une sous-capitalisation et d’un surendettement évidents.  

 « Nous sommes confiants que la mise en place du Fonds d’Investissement Stratégique contribuera à préserver notre tissu productif voire à le renforcer. L’atteinte de cet objectif reste tributaire des moyens qui seront mis en place pour la déclinaison effective de ce fonds sur le terrain », a soutenu C. Alj. Toujours pour préserver la compétitivité des entreprises, il convient de réduire le gap de compétitivité fiscal entre les secteurs formel et informel par la création de statuts fiscal et social incitatifs, a-t-il recommandé. « Comme toute crise, celle que nous vivons actuellement présente de véritables opportunités que nous devons saisir au plus vite. À ce titre, la phase de relance de notre économie doit aussi nous permettre d’améliorer le climat des affaires et de repositionner notre pays dans les chaînes de valeur mondiales », a relevé le Patron des patrons.  Pour cela, il serait nécessaire de revoir les accords de libre échange pour protéger le tissu entrepreneurial et industriel du Royaume, d’encourager l’innovation via par exemple l’instauration du crédit impôt-recherche, qui doit être érigé comme priorité, ainsi que d’opérer la modernisation du système judiciaire avec la dématérialisation des tribunaux et une meilleure justice des affaires, a-t-il préconisé. 

Il s’agit également d’aboutir à la réforme de la charte de l’investissement, qui donne de la visibilité aux investisseurs locaux et étrangers et de mettre en place un e-gov efficient au profit du citoyen, de l’entreprise et du secteur public. 

C. Alj a, par la suite, mis l’accent sur le volet fiscal, soubassement indispensable pour instaurer les bases d’une économie plus résiliente et compétitive.  « Nous sommes prêts à présenter les recommandations de la CGEM pour le PLF 2021 qui, pour nous, doit protéger le tissu productif, redonner confiance aux entreprises et intégrer la dimension sociale », a-t-il fait savoir.  Par ailleurs, M. Alj a indiqué que dans le cadre de sa mission de représentant des entreprises marocaines, tous secteurs, toutes régions et toutes tailles confondues, et animée par deux objectifs majeurs à savoir la préservation de l’emploi et la sauvegarde du tissu productif, la CGEM s’est penchée sur plusieurs sujets dans une démarche pragmatique et constructive.  Il est question notamment de l’ajustement avec les banques, la Caisse Centrale de Garantie et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) des mesures de soutien aux entreprises, de la Loi de finances rectificative et la question de déductibilité des dons en particulier, de la demande de report du SMIG et de la simplification de la procédure d’accès des ressortissants étrangers au territoire marocain.  

Pour cette rentrée économique les chantiers sociaux sont tout aussi primordiaux notamment l’amélioration de l’Indemnité Perte d’Emploi et/ou l’instauration d’autres mécanismes comme une indemnité de chômage, mais aussi la mise en place de systèmes incitatifs à la déclaration des salariés à la CNSS, ce qui permettra de réduire le gap entre le formel et l’informel et de relancer l’emploi. Toujours dans le volet social le président de la CGEM a également appelé à l’amendement de la Loi sur la Grève et du Code du Travail sur lesquels nos positions sont claires et inchangées.  

Pour C. Alj, la crise inédite que traverse le pays  appelle à la responsabilité, à l’engagement et à la persistance de l’ensemble des forces vives du pays car il y va sérieusement de l’équilibre social du Royaume.

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