Le PJD écartelé entre les alliances partisanes: Et rate l’essentiel…

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Si l’on croit les informations rapportées par les quotidiens nationaux, le PJD reste fidèle à sa démarche traditionnelle en matière de négociations autour de la majorité gouvernementale. Son leader Abdelilah Benkirane qui privilégie la reconduction de l’ancienne majorité continue d’alimenter les tensions au sein de ses propres partisans qui, pour dépasser le blocage, seraient divisés sur l’élargissement des tractations à l’USFP. Après la sortie iconoclaste d’un Aziz Rabbah qui ne voit pas de mal à ce que la logique de « majorité confortable » gagne en crédibilité avec l’intégration des socialistes, voilà qu’un autre poids lourd des islamistes sort des bois pour inviter son leader à maintenir les ponts jetés avec l’USFP tant que la majorité gouvernementale n’aura pas été définitivement figée. Nul besoin de rappeler, à ce sujet, que c’est de l’offre du RNI qu’il est question, Aziz Akhannouch ayant suggéré à A. Benkirane de voir plus large et de ne pas s’enfermer dans le carcan de « la majorité sortante ». Pour autant, cela n’empêche pas de nombreux caciques du PJD de jeter à la vindicte partisane tout ceux qui se rapprochent du patron du RNI alors qu’ils n’ont pas été missionnés pour ce faire. Et le dernier à avoir subi les attaques de ses frères d’arme n’est autre que Saad Eddine El Othmani, poids lourd de la formation islamiste, pour avoir oser dîner avec A. Akhannouch et Mohamed Boussaid.
Voilà à quoi est réduite la chronique politique nationale alors que les observateurs passent à la trappe l’essentiel. A savoir l’offre programmatique autour de laquelle la majorité recherchée devrait plancher une fois aux affaires. Une offre qui gagnerait à bénéficier d’une bonne communication à destination du commun des mortels qui se perd en conjectures. A. Benkirane qui a écouté, sans doute aucun, le discours royal prononcé depuis Dakar, devrait mieux entendre la charge politique qui l’a accompagnée. Sans quoi, et c’est malheureusement ce que l’on constate, c’est toujours la logique arithmétique qui prévaut au niveau de l’argumentaire développé à tout bout de champ par le chef de gouvernement désigné. Histoire de se rappeler au bon souvenir du score historique réalisé par le PJD lors des législatives. Score qui le prédestine à gouverner, n’en déplaise à ses alliés d’hier et d’aujourd’hui, en position de force. Aux yeux de l’irréductible Benkirane, le sacre populaire (la vox populi telle que captée dans les bureaux de vote) se trouve renforcé par une bénédiction divine… Si les voies du Seigneur restent impénétrables, il est tout aussi évident que nos islamistes doivent preuve de plus d’humilité dans la gestion de leur stock de sympathie populaire qui n’est pas des plus invulnérables. Le mieux serait d’affranchir les uns et les autres sur les grandes lignes du programme de gouvernement. Car « la poursuite des réformes » déjà engagées ne nourrit pas son homme. Ni ne le grandit aux yeux de la majorité des Marocains qui n’en finissent pas d’exprimer leur mécontentement… L’Intérieur pourra toujours éclairer le parti de la lampe sur l’ampleur de la contestation.

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