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LE PROCESSUS D’OSLO DÉFINITIVEMENT MORT : LES SANCTIONS POUR FAIRE PLIER TEL-AVIV

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PERSPECTIVES MED : LE DIALOGUE INTER PALESTINIEN RESTE-T-IL AU POINT MORT ?
SAFWAT IBRAGHITH : Mort non ! Ralenti oui. La réconciliation signée entre le Hamas d’un coté et le Fatah principalement et les autres fractions politiques de l’autre coté au Caire en juin dernier s’est concrétisée par la formation d’un gouvernement de transition composé de ministres technocrates. Mais les 50 jours de l’agression israelienne de juillet 2014 ont chamboulé l’agenda initialement prévu. Cette troisième guerre a tout simplement mis à genoux la bande de Gaza alors même que les stigmates des deux précédentes guerres ne sont pas encore effacés. La Conférence internationale des donnateurs tenue du Caire qui s’est soldée par des promesses de dons à hauteur de 5 Milliards de dollars pour la reconstruction a été peu suivie d’effets. Seul l’UNRAWA a reçue quelques centaines de millions de
dollars. Dès lors, cette situation est devenue un obstacle politique majeur puisque s’est imposé à nous un nouvel ordre de priorités, avec à sa tête la reconstruction de Gaza alors que nous subissons un blocus qui doit être levé. Le deuxième objectif c’est la préparation des élections du Conseil national de l’OLP et bien sûr des élections ligislatives et présidentielles car toutes les mandatures ont expiré. Aujourd’hui, il est question de réunification politique, économique juridique et sociale. Le coup de force du Hamas en juin 2007 a laissé des séquelles qu’il va falloir panser. Nous appelons de tout notre cœur à une véritable réconciliation sans délais. Le Hamas doit comprendre que ce n’est pas en exportant ses propres crises intérieures en lançant des roquettes sur Israël qu’on va aboutir à une quelconque solution. Mis devant le fait accompli, notre président, Mahmoud Abbas est embarrassé par ces actions à répétition qui ne servent qu’à affaiblir la bataille politique menée à bien et tout le succès dirigé par la diplomatie palestinienne. Ce marchandage doit cesser. De même, le Hamas ne doit pas entraver l’action des ministres qui résident à Gaza puisqu’ils ont un rôle national. Aujourd’hui, l’action du gouvernement est quasi nulle car sur le terrain il y’a une réelle rivalité entre deux programmes politiques et deux visions incarnées par le Hamas d’un côté et l’OLP de l’autre.
LA RÉTENTION PAR TEL AVIV DES AIDES ACCORDÉES À L’AUTORITÉ PALESTINIENNE NE CONTRIBUE-T-ELLE À ASPHYXIER DAVANTAGE LA PARTIE PALESTINIENNE QUI REFUSE DE RÉENCLENCHER LE DIALOGUE DE PAIX ?
S.I : Nous n’avons jamais refusé le dialogue et ne refusons surtout pas le dialogue constuctif. Mais il faut savoir que les taxes qu’Israël doit nous reverser sont un droit. Le protocole de Paris datant de 1994 conférait à Tel-Aviv la gestion provisoire de ces taxes pendant 5 ans. Si nous l’avions accepté, c’est pour la simple raison que l’Autorité palestinienne, toute jeune à l’époque, était confrontée à de lourdes obligations et qu’elle ne pouvait pas faire autrement. Mais aujourd’hui, cet accord comme celui d’Oslo n’ont plus de validité car ils sont caducs. La rétention que nous subissons est un acte de piraterie pure et dure pour nous mettre à genoux. C’est un chantage pour nous barrer la route vers le CPI. Engagés dans leurs obligations, les Palestiniens montrent l’exemple et demandent aux Etats-Unis, qui ont parrainé ces accords et qui monopolisent la situation de prendre leur responsabilité pour la mise en place d’un véritable processus de paix.
SI LE PROCESSUS D’OSLO EST MORT ET ENTERRÉ, PAR QUOI DOIT-ON LE REMPLACER ?
S.I : Oui, le processus d’Oslo est mort et enterré depuis longtemps puisqu’il n’a été ni renouvelé ni remplacé par un autre pour aboutir à une solution définitive entre Palestiniens et Israéliens d’un côté et les pays arabes et Israël de l’autre. Depuis, on vit au rythme d’une succession de sommets sans lueurs d’espoir. Confronté à ses échéances politiques internes avec des élections anticipées, des changements de
majorité à la Knesset, Israël fait de l’obstruction depuis 15 ans. A cela, il faut ajouter que depuis la mort suspecte de Yasser Arafat en 2004 et l’élection de Mahmoud Abbas, on a vu l’émergence du Hamas et la guerre fratricide qui s’en est suivie, la deuxième Intifada, tous ces faits ont constitué de réels obstacles à de véritables négociations. C’est simple, on tourne quasiment en rond depuis 1991 ! Aujourd’hui, il faut savoir que le problème c’est Israël qui l’incarne et la solution c’est la Palestine qui la porte. Depuis 15 novembre 1988, comme le disait feu Mahmoud Darwich, nous avons fait la plus douloureuse des concessions qu’un peuple puisse accepter. Que peut-on exiger de nous de plus ? Nous sommes prêts à signer un nouvel accord pour un Etat viable au sein des frontières reconnues par la communauté internationale le 4 juin 1967. Nous exigeons une souveraineté géographique et démographique continues. On ne négocie pas le droit, on peut discuter uniquement son application. Bien sûr, il y’a des détails et pas des moindres. Des frontières reconnues mais pas moins de celles du 4 juin 1967. Il peut y avoir, à la marge, un échange de territoires mais à valeur égale en quantité et en qualité. Cet échanger ne peut excéder 1 ou 2 %. Jérusalem Est doit être la capitale de cet Etat que nous appelons de tous nos vœux. Une capitale ouverte à toutes les religions car le problème israélo-palestinien n’est pas religieux, il est politique. Les colonies doivent être démantelées car on n’accepte ni colonies ni colons ou aucune armée étrangère dans notre territoire.
A CE PROPOS, LA JUDAÏSATION D’AL-QODS EST-ELLE IRRÉVERSIBLE ?
S.I : Israël accélère la colonisation autour de Jérusalem. Son objectif est de séparer la vielle ville des autres quartiers arabes a l’exterieure du rempart. La construction du Tramway a été l’occasion encore et encore de spolier les Arabes leurs biens immobiliers avec une politique de confiscation rampante
des terres et des résidences, le tramway était volu un outil a fin de facilité le mouvement des colons au sud de Jérusalem occupée. Pour nous, ce sont des actes inadmissibles. Israël doit arrêter la machine de la colonisation car les frontières de 1967 ne sont nullement négociables. Il faut savoir qu’avec sa politique, Israël nous mène tout droit vers un suicide collectif. Je le redis et je le réaffirme : la judaïsation comme la colonisation sont des actes illégaux et illégitimes au vu du droit international et du droit du peuple palestinien. C’est inacceptable !
COMMENT POUVOIR ARRÊTER LA POLITIQUE DE COLONISATION RAMPANTE QUI S’ACCOMPAGNE DE LA DESTRUCTION DE MAISONS PALESTINIENNES ?
S.I : Israël mène sans vergogne, et avec arrogance, son illégitime colonisation des territoires palestiniens. Les colons sont devenus une véritable mafia qui a infiltré armée, Knesset, médias et une grande partie de la société civile. En réalité c’est un gouvernement de l’ombre qui œuvre dans la poursuite de la colonisation. Certes, cette dernière est une source de tensions avec le reste du monde. Ce qui n’empêche pas que des milliards d’aides soient versés, chaque année, par les Etats Unis et d’autres pays à Israël, en sus des transferts de technologies et autres matériels civils et militaires, réconfortant ainsi Tel-Aviv dans son action. En crise profonde, la société israélienne réclame à une très large majorité davantage de justice sociale, le quart de sa population est touché par la pauvreté et près de la moitié vivent d’une économie subventionnée. Dès lors, seules les sanctions peuvent faire reculer Tel-Aviv. C’est en arrêtant, ou du moins en conditionnant de manière ferme le versement des aides à l’arrêt de cette politique, et en boycottant les produits israéliens qu’Israël reculera. Si rien n’est fait dans ce sens, Tel-Aviv continuera, avec mépris, sa politique de colonisation en dépit de la condamnation internationale. Ce sont les seules actions aptes à la faire plier.
LE RECOURS À LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE (CPI) EST-IL IRRÉVERSIBLE POUR PUNIR L’ENTITÉ ISRAÉLIENNE POUR SES CRIMES DE GUERRE ?
S.I : Pour nous, la CPI n’est pas une démarche tactique mais une stratégie basée sur la volonté de l’OLP d’«internationaliser l’affaire». A l’échelle internationale, la question palestinienne est enfermée dans un processus à trois. Israël, la Palestine et les Etats Unis, allié privilégié des Israéliens. Pour protéger le peuple palestinien, il est grand temps de responsabiliser les instances internationales, la CPI en tête. L’inaction de la communauté internationale et l’aveuglement des Etats-Unis ne peuvent nous aider à sortir de l’impasse
ALORS POURQUOI LA RUSSIE, COMME LA CHINE, NE SONTILS PAS SOLLICITÉS POUR SUPPLANTER LA PAX AMERICANA ?
S.I : Bien sûr qu’ils sont conviés. Mais sachez que le Moyen Orient est une zone d’influence et d’intérêts sous l’emprise quasi exclusive des Etats Unis et ce depuis la conférence de San Francisco en 1945 qui a donné naissance à l’ONU. Au sein du Conseil de sécurité, il y‘a un marchandage entre les membres permanents pour se partager leurs zones d’intérêt respectives. Les Chinois sont au Soudan, les Français en Afrique du Nord et les Russe en Syrie etc. A titre d’exemple, l’intervention russe en Ukraine est à mettre en parallèle avec la situation en Syrie. Pour nous, il faut impliquer les pays émergents comme le Brésil, l’Afrique du Sud et l’Inde dans l’organisation d’une conférence internationale pour rappeler les droits inaliénables du peuple palestinien. C’est aussi une façon de couper l’herbe sous les pieds des terroristes qui se réclament de la cause palestinienne. C’est aussi une façon de couper l’herbe sous les pieds des terroristes qui se réclament de la cause palestinienne.

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