Le renseignement US met D. Trump à rude épreuve : La réconciliation avec Moscou est en jeu

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Moscou a délibérément cherché à interférer dans l’élection présidentielle américaine, notamment en volant des emails au Parti démocrate, des documents ensuite publiés par le site Wikileaks. Le renseignement US en est convaincu et l’a fait savoir, jeudi 5 janvier, lors d’une audition au sénat. « Seuls les plus hauts responsables russes ont pu autoriser les vols et les publications de données liées à l’élection américaine », a laissé entendre James Clapper, directeur du Renseignement en charge de la coordination entre les 17 agences d’espionnage US. Dans sa très officielle audition au Sénat, le chef-espion a déclaré que les cyber-activités russes « visaient à saper la confiance du public dans les institutions et la confiance dans l’information ». Car d’après lui, le piratage des données du Parti démocrate n’est en fait qu’une partie de l’ingérence russe. James Clapper a déclaré que ses services ont également décelé des activités de désinformation, soit la publication de fausses informations sur de faux sites de presse en ligne.
Sur Twitter, Donald Trump qui avait contesté mercredi l’implication de la Russie dans ces fuites devait recevoir, vendredi, la CIA et le FBI sur le même dossier. L’affaire s’avère assez délicate pour le nouvel hôte de la Maison Blanche. Car s’il avalise, après sa réunion avec les agences, le rapport sur la Russie, la grande réconciliation qu’il appelle de ses vœux avec Vladimir Poutine risque de prendre un coup. Et dans le cas contraire, il peut s’aliéner l’appui des élus républicains dont il a besoin à la veille de sa prise de fonction. Donald Trump continue toutefois d’étonner. En tout cas, signalent des médias américains, il aurait ainsi choisi Dan Coats, ex-sénateur républicain farouchement antirusse pour diriger le renseignement. Coats, 73 ans, élu sortant de l’Indiana, devrait remplacer James Clapper, démissionnaire, au poste de directeur du renseignement national. Créé après les attentats du 11 Septembre, ce poste coordonne l’activité des dix-sept agences américaines de renseignement. Ancien membre de la commission du Sénat sur le renseignement, Dan Coats a plaidé en 2014 pour des sanctions très fermes envers Moscou après l’annexion de la Crimée. Son engagement sur ce dossier lui a d’ailleurs valu d’être interdit de séjour en Russie, tout comme cinq autres sénateurs et trois responsables de la Maison Blanche. «Même si je suis déçu de ne pas pouvoir partir en vacances en famille en Sibérie cet été, je suis honoré d’être sur cette liste», avait réagi à l’époque Dan Coats.
Très apprécié dans les rangs républicains, respecté par ses adversaires démocrates, cet ancien ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne est décrit par ceux qui l’ont côtoyé comme un homme «raisonnable» et «très compétent» doté d’un «profond respect» pour la communauté du renseignement.

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