Le Roi décharge Benkirane de sa mission: La messe est dite…

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« Intaha al-kalam !» En déchargeant Andelilah Benkirane de la mission dont il hérita il y a plus de cinq mois pour former la majorité gouvernementale, le Roi vient de mettre un terme aux spéculations nourries par le blocage institutionnel. C’est donc vers une autre personnalité du PJD que le choix royal sera porté pour conduire les tractations devant aboutir à la constitution de l’Exécutif. Si l’option démocratique est sauve dans cet exercice, il n’en reste pas moins que la décision royale jette une lumière crue sur les raisons du blocage. L’affaire est intimement liée à la personne « dégagée » dudit processus.
A. Benkirane leader du PJD en prend pour son grade puisqu’il a appris la décision comme le reste des Marocains, à la diffusion du communiqué ad hoc émanant du cabinet royal. Point d’audience pour celui qui menaçait de rendre les clés si ses desiderata n’étaient pas pris en compte. L’arrogance avec laquelle le leader du PJD, missionné par le Souverain es qualité de Chef de gouvernement désigné de dégager une majorité gouvernementale, avait traité ses interlocuteurs, s’est retournée contre lui. Cramé, A. Benkirane devrait savourer l’arrière-gout que toute déconvenue charrie dans son sillage lorsqu’on fait preuve d’un excès de zèle et de confiance. Mais cette défaite qui prend les allures d’une déception personnelle laissera aussi des stigmates au niveau de la formation islamiste dont les chroniqueurs louaient la solidité des rangs derrière le chef qu’il soit fautif ou non.
Ceci transparaissait déjà à mesure que la patience de l’opinion nationale s’érodait avec la perte du temps politique en jérémiades et autres philippiques peu fécondes. L’attitude obtuse dont
A. Benkirane faisait preuve lui ayant valu des critiques y compris parmi les «jeunes loups» Pjidites. Déjà donné pour «isolé» politiquement, A. Benkirane vient d’être poussé davantage dans le coin. A lui de trouver à quels saints il doit se vouer avant de disparaître des radars. Le prochain congrès des islamistes réservera bien des surprises. Son successeur est donc averti. Il devra faire preuve d’une grande sagesse pour relancer les négociations, arrivées au point mort, pour la formation rapide de l’Exécutif. Le cahier des charges a été clairement défini par le monarque depuis le singulier discours de Dakar.
En d’autres termes, il faut laisser choir les petits calculs d’apothicaires pour ne pas hypothéquer la relance que le pays dans son ensemble souhaite. Bref, sortir de la panne actuelle. De quoi revigorer, certes, le corps politique malade. Mais aussi et surtout relancer la machine économique grippée et répondre aux multiples attentes sociales. La messe est dite !

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