Le Rwanda tenté par les « joints » de la croissance

Le Rwanda vient d’autoriser la culture du cannabis à vocation médicale et à destination exclusive de l’exportation. 

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Le Rwanda vient d’autoriser la culture du cannabis à vocation médicale

Le Rwanda tente de justifier par deux biais l’autorisation de la production nationale d’un genre botanique inscrit sur la liste des drogues par la Convention unique sur les stupéfiants ratifiée en 1961 par l’Organisation des Nations-Unies. 

Premier argument : la récente validation de la culture du cannabis, selon un communiqué officiel, « n’affecte en rien le statut légal de la consommation (…) dans le pays, qui demeure interdite ». La production locale sera donc exclusivement orientée à l’export. 

Le second biais a trait, lui, à la distinction entre cannabis « récréatif » et « thérapeutique ». Si la détention, le commerce et la promotion de marijuana ont été longtemps interdits dans la majorité des pays du monde, son absorption est parfois tolérée comme psychotrope à vocation médicale, notamment pour ses vertus anti-nausées, anti-migraines ou anti-insomnie.

À l’échelle internationale, notamment en Amérique du Nord et en Europe, ce marché est devenu si rémunérateur qu’il a été affublé du vocable « or vert ».

Le Rwanda entend donc tirer profit de ce marché à usage thérapeutique qui, à l’échelle du monde, pourrait dépasser rapidement les 200 milliards de dollars. Le gouvernement indiquait mercredi dernier qu’il allait commencer la réception des « candidatures pour des licences de la part d’investisseurs intéressés par cette culture à haute valeur ajoutée ». Le Conseil rwandais du développement (RDB) précise que plusieurs sociétés ont soumis leur offre pour débuter cette production locale.

Le Rwanda n’est pas le seul pays africain à être officiellement tenté par le marché de cette drogue dite « douce », sa dose de tetrahydrocannabinol (THC) n’étant pas susceptible de provoquer une overdose. L’Afrique australe s’est rapidement mise dans les starting-blocks agricoles et législatifs, notamment le précurseur Lesotho, le Zimbabwe, l’Afrique du Sud et, avec un peu de retard, la Zambie, le Kenya et l’Ouganda. Alors que le Maroc, affublé du titre de premier producteur mondial de résine de cannabis avec une surface cultivée estimée à 50000 hectares, hésite encore à en faire une industrie légale qui échappe aux lois des narcotrafiquants… Valeur aujourd’hui, Rabat hésite à franchir le pas, ce qui fait que la culture du cannabis continue à profiter plus aux trafiquants qu’aux cultivateurs. 

 

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