Le système algérien relance l’exclusion en muselant le RCD 

L’un des principaux partis d’opposition en Algérie a été empêché d’organiser une réunion de son conseil national, prévue vendredi dans la capitale. Il s’agit du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) qui dénonce des dérives totalitaires du pouvoir.

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Le leader du parti d'opposition algérien le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) Mohcine Belabbas

Alors que l’Algérie  peine à sortir d’un an de manifestations nationales hebdomadaires anti-système et pro-démocratie qui ont mis fin aux prétentions du pouvoir visant à imposer un 5ème mandat pour l’ancien président Abdelaziz Bouteflika (gravement diminué par un AVC), le nouveau pouvoir représenté par Abdelmadjid Tebboune, Président par défaut qui bénéficie de l’assentiment des généraux, n’hésite pas à recourir aux vieilles méthodes du système algérien.

En effet, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD), parti d’opposition, a été interdit par la wilaya d’Alger de tenir son Conseil national ordinaire. C’est « une première depuis la création du parti », a commenté le RCD. « La remise en cause du multipartisme se confirme. En effet, la réunion statutaire du conseil national du RCD programmée pour le vendredi 25 septembre 2020 à l’hôtel EL Riadh vient d’être officiellement interdite par le gouvernement”, a indiqué le RCD dans un communiqué.

« Par cette attitude de vouloir mettre des entraves au débat dans la société, y compris à l’intérieur des structures des partis, le pouvoir semble avoir choisi la politique du pire », a estimé le parti d’opposition.

Pour rappel, une grande figure de la gauche, Louisa Hanoune, pressentie pour reprendre le leadership du pays suite à la chute d’A. Bouteflika, avait été détenue pour « complot contre l’autorité de l’armée et de l’Etat » avec 3 autres hommes forts du pouvoir algérien, dont le plus célèbre Toufik, ex-patron du DRS assimilé à «Rab Dzair» au regard de l’omnipotence dont il a fait preuve à la tête des services algériens qui font et défont les carrières.

 Pour rappel, le ministère algérien de l’Intérieur avait exhorté, en juin dernier, le RCD à renoncer à certaines activités, sous peine de dissolution. Autant dire que l’offensive du système n’est pas une première dans les annales du RCD. Formation qui avait alors dénoncé la « menace explicite » et la «  violation de la Constitution et des lois » du ministère de l’Intérieur qui avait accusé le RCD de tenir « des réunions d’une organisation non agréée« , d’héberger des « personnes étrangères au parti à des fins de mobilisation et participation à des actions visant à porter atteinte à l’ordre public » et de lancer des appels répétés à organiser des rassemblements et des manifestations non autorisés. Le parti de Mohcine Belabbes a dénoncé une volonté « de persécution politique et de lynchage médiatique » de la part du pouvoir. 

Concernant la réunion conseil national du RCD, le parti précise dans son communiqué avoir « déposé une demande de tenue de cette session du Conseil national auprès de l’administration de la wilaya d’Alger en date du 09 septembre ». « Il y a eu des pressions depuis mars 2019 et j’ai reçu une convocation aujourd’hui« , avait déclaré en juin M. Belabbes sur une chaîne de radio quelques jours après la lettre de mise en demeure du ministère de l’Intérieur visant son parti.

Mais selon la télévision nationale algérienne ENTV, le président du RCD n’aurait pas été convoqué pour des faits liés à ses activités politiques mais suite à une enquête au sujet de la mort dans l’appartement de M. Belabbas à Birkhadem dans la capitale, d’un « travailleur clandestin ».

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