Le système algérien use de tout pour faire taire les partisans du Hirak

A l’heure ou le Hirak populaire tente de reprendre du poil de la bête par ces temps de pandémie, le système algérien persiste dans sa politique du déni face aux revendications des manifestants. Plus, il réprime ferme. La preuve, Yacine Mebarki, un autre militant du Hirak a été présenté devant la justice, là où le parquet souhaite la confirmation de peine pour « profanation » du Coran.

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Le système algérien use de tout pour faire taire les partisans du Hirak

Le parquet algérien a réclamé en appel la confirmation de la peine de dix ans de prison ferme prononcée contre le militant du mouvement de protestation antirégime Yacine Mebarki, accusé notamment de « profanation » du Coran et d’« offense à l’islam ». Pour rappel, Y. Mebarki a été condamné le 8 octobre à dix ans d’emprisonnement et à une lourde amende de 10 millions de dinars (66 000 euros) par le tribunal de Khenchela (nord-est). Il s’agit de la peine la plus sévère visant un militant du Hirak , le mouvement de protestation populaire contre le pouvoir en Algérie né en février 2019, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD), une association de soutien aux prisonniers d’opinion. Le verdict est attendu le 25 novembre, a précisé le CNLD. 

Cette condamnation s’inscrit dans une vague de répression ciblant quotidiennement des militants du Hirak, des opposants politiques, des journalistes et des blogueurs. Près de 90 personnes sont actuellement emprisonnées en Algérie pour des faits liés au Hirak et/ou aux libertés individuelles, alors que le chef de l’Etat, soigne en Allemagne, avait béni le Hirak. Des charges basées pour beaucoup sur des publications sur Facebook, d’après le CNLD.

Y. Mebarki, 52 ans, avait été arrêté le 30 septembre après une perquisition à son domicile. Il a notamment été reconnu coupable d’« offense aux préceptes de l’islam », de « profanation du Livre sacré», d’« incitation à convertir un musulman à une autre religion» et de « possession sans autorisation de matériel de guerre ». 

Plusieurs ONG, dont la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) et Amnesty International ont appelé dans un communiqué commun à la libération de Y. Mebarki et à l’abandon des « poursuites sans fondement, liées à ses publications en ligne et d’autres accusations découlant simplement de l’exercice de sa liberté d’expression et de conscience ». Les autorités algériennes « doivent mettre un terme aux enquêtes et procédures pénales visant des personnes qui ne font qu’exprimer pacifiquement leurs opinions, y compris des points de vue critiques à l’égard des enseignements religieux ou des représentants de l’État », poursuit le communiqué.

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