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Les législatives font bouger les lignes : Comment la démocratie enterre l’idéologie

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Bien des politologues inspirés croient s’acharnent à démonter la bipolarité qui a tendance à se dégager au sein de la société marocaine. Aux yeux de ces analystes, la thèse de la bipolarité qui clive la société entre courants modernistes et courants conservateurs relève de l’écueil conceptuel à éviter. C’est à croire que le paysage politique national a réussi, on ne sait par quel miracle, à lisser ses aspérités pour évoluer sans grandes contradictions ni coupures. Pour les tenants de ce discours, pour le moins aliénant, si schisme il y a sur la scène politique, son expression se trouve polarisée sur la démocratie comme praxis politique et exercice du pouvoir par le peuple. Dès lors, si bataille il y a, elle ne saurait être imaginée en dehors d’un échiquier où s’agitent ses plus farouches partisans contre ses inoxydables adversaires. Le jeu politique se trouve ainsi réduit, comme par miracle, à une simple partie de « go » où la chasse consisterait, in fine, en une traque des persifleurs de la vox populi par les thuriféraires du pouvoir au peuple… Les élections agissant aussi bien comme un révélateur que comme une expression dudit schisme. C’est la raison pour laquelle des partisans de la dialectique marxiste ont opté de faire campagne non plus sur les intérêts des masses laborieuses à faire valoir et à défendre, mais sur la démocratie à renforcer dans le pays pour qu’elle soit immunisée contre tout interventionnisme qui viserait à la dévoyer. La démarche du PPS est symptomatique d’une telle « révolution » dans les idées, les intérêts des classes laborieuses et marginalisées n’étant plus le marqueur « sexy » qui lui garantissait sa singularité d’antan. Cette formation qui se réclame toujours d’un ADN de gauche, qui plus est reposant sur le socialisme scientifique, a franchi les décombres légués par l’effondrement du « Mur de Berlin », en 1989, pour finir dans les bras de l’islamisme « soft » que représenterait le PJD : un parti qui vénère la monarchie et accepte le jeu démocratique. Un jeu dont les règles appellent, aujourd’hui plus que par le passé, au dépassement de l’autoritarisme qui affaiblirait les corps intermédiaires que sont les partis (entre autres) pour mieux les téléguider. Le PPS fait donc bénéficier le PJD de son magistère pour rassurer quant au caractère inoffensif des islamistes auxquels leurs adversaires reprochent une forte propension à vouloir mettre les pendules du pays à l’heure d’Ankara, capitale qui fait l’écho d’un wahhabisme agissant dans l’espace arabo-musulman. Le PPS et le PJD se découvrent-ils, sur le tard, cette caractéristique gémellaire, ayant échappé aux yeux attentifs des autres acteurs politiques si l’on excepte les pseudo-analyses développées autour de la fin des clivages en politique nationale ? Le fait est que les deux formations évoluent la main dans la main à la veille des législatives en ayant pris soin d’acter leurs « justes noces » au sein de la prochaine majorité et/ou opposition. C’est selon.
Jamais une position « avant-gardiste » n’a été aussi bien défendue que par Haj Nabil Benabdellah qui ne voit de clivage qu’entre partisans et adversaires de la démocratie. L’USFP, comme le Front de gauche n’ont qu’à aller se rhabiller puisqu’ils persistent à développer des thèses éculées pour le Maroc, celle d’un camp progressiste qui bataille fermement contre un camp conservateur. Le PPS a procédé à la révision de ses thèses comme l’aurait fait le PJD… Même si le leader islamiste n’hésite pas, dans un accès de lucidité, d’évoquer Ibn Taymia et ses préceptes dans lesquels baignent les partisans du PJD. Le référentiel socialiste est juste bon pour meubler le décorum que le PPS sert à la petite cuillère à ses militants. Exit la lutte des classes. Exit le centralisme démocratique. Exit la dictature du prolétariat. Ici bas, le PPS s’est chargé de mettre en bière le communisme. Le seul idéal qui vaille pour assurer le grand soir n’est autre que la lutte sans merci contre l’autoritarisme. Mais il faut croire que celui-ci a bien réussi au duo gémellaire qui, au sein de la majorité, fait de l’opposition. Voilà la démocratie à sauvegarder vaille que vaille ! Elle leur a réussi jusqu’à présent en leur évitant d’être politiquement déclassés. Quid de demain ?
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