The news is by your side.

Législatives en Jordanie : Divisés, les islamistes amoindris

11
Les Jordaniens sont appelés à élire les 130 députés que compte le Parlement, ce mardi 20 septembre. Le scrutin de liste, exigé par l’opposition pendant le « printemps arabe », marquera cette échéance qui pourrait, selon toute vraisemblance, donner lieu au retour dans le jeu électoral des Frères musulmans, principale force d’opposition en Jordanie, après 12 années de boycott. Des observateurs confirment que les Jordaniens n’ont pas montré de réel intérêt pour la campagne des législatives. Et la nouvelle loi électorale est un facteur qui complique davantage le jeu démocratique dans un pays où l’on change de mode de scrutin à chaque élection. Nombre d’analystes soulignent que ces élections ne vont pas changer le visage du Parlement jordanien. Mais la campagne électorale a vu naître de nouvelles pratiques politiques. Traditionnellement, chaque électeur vote pour le candidat de sa communauté ou de sa tribu. A cause du scrutin de liste, on a vu des Jordaniens de différentes communautés, ou affichant des idées différentes, former des listes ensemble. Les Frères musulmans comptent mettre à profit cette première pour disposer d’une présence au sein de l’instance législative. Sous le nom al-Islah (« alliance nationale pour la réforme »), ils ont formé des listes avec des chrétiens, des baathistes, voire même avec des retraités de l’armée. Après la chute du président Frère musulman Mohamed Morsi en Egypte, le mouvement en Jordanie était apparu très divisé en interne. Deux années de manifestations n’ont pratiquement rien donné, pas plus que le boycott des élections. Poussant nombre d’entre eux à remettre en cause la ligne ultra-dure du mouvement, créant leur groupe, « la Société des Frères musulmans ». La deuxième association islamiste ainsi créée a bénéficié de l’agrément du pouvoir qui n’avait pas hésité à condamner les bureaux du Front de l’action islamique en avril dernier. Divisés, les frères qui comptent déjà trois chapelles ne réussiront pas à réaliser un quelconque ras de marée électoral. D’autant plus que les Jordaniens sont habitués à privilégier les liens tribaux dans les choix de leurs élus. On notera toutefois que le jeu s’est ouvert puisque le paysage politique compte aussi une liste « Ensemble », qui propose un projet d’Etat laïque et qui réunit d’anciens communistes et des notables autour de cette idée.
Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :