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L’entubeur en chef qui s’ignore ! 

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Allal El Maleh
Allal El Maleh

Aux dernières infos qui retiennent l’attention des empêcheurs de tourner en rond, trône celle qui fait « honneur » au ministre de la Culture, de la jeunesse et des sports, porte parole du gouvernement. La dépêche indique qu’El Hassan Abyaba a rencontré une délégation du syndicat national de la presse marocaine pour la rassurer quant  à l’importance de consacrer la liberté et l’indépendance des médias, ainsi que de renforcer les structures du secteur de la Communication. Tout un programme ! Qui ne fait pas oublier aux fines plumes du pays qu’en quittant la selle du « Cheval », enseigne de sa formation,  pour se vautrer dans le maroquin ministériel qui lui a été choisi par le chef du gouvernement, -son mentor-, Abyaba reste le ministre du « Moumkin », ce possible qui a fait le tour du monde depuis qu’il a eu l’heur de rencontrer pour la première fois micros et caméras au sortir d’un conseil de gouvernement.

Si « à l’impossible nul n’est tenu », comme le rappelle l’adage, vers quel « possible » converge le regard du binoclard ministre pour rendre vie aux structures médiatiques qui peinent, dans leur majorité, à boucler décemment les fins de mois ? Nul n’en sait rien, si l’on excepte la reproduction du système ante, celui qui permet à l’Etat de canaliser, on ne sait sur la base de quels calculs, son soutien aux médias. Du coup, on retrouve des entreprises de presse qui n’ont rien à envier aux « empires » faire la queue au même titre que des structures rachitiques qui au premier retournement de conjoncture basculent dans la fosse de l’Histoire. Si les banques ne prêtent qu’aux riches, on est bien obligé de croire que l’Etat, lui aussi, fait sienne cette recette en ne se privant pas d’engraisser les plus gros. Point de révolution à attendre de ce côté-ci. Si ce n’est qu’il faut signaler que cette propension étatique au soutien a été déviée de son cours normal, celui qui doit obéir à un cahier des charges précis établi pour chaque entreprise de presse contractante, pour n’encourager que les voix qui s’interdisent d’être dissonantes.

Pérorer officiellement sur la pluralité et la diversité est monnaie courante. Mais le discours qui charrie cette monnaie de singe est loin d’être sincère dans l’accompagnement de toute dynamique d’enracinement de la démocratie : pratique qui s’accommode du discours officiel et de ses colporteurs, comme du contre discours et de ses promoteurs.

On n’attendra donc pas d’Abyaba d’inventer le fil à découper le beurre, ni à écrémer ce qui peut l’être dans le corps médiatique vermoulu par les pratiques de ses prédécesseurs qui maîtrisaient à la perfection l’art pour le moins ésotérique du partage du beurre, où disons de la motte que le Trésor file de la cagnotte des deniers publics au ministère à titre d’appui aux médias.

Le ministre se gardera, s’il veut se maintenir là où il est au chaud, de « révolutionner » le système. Même s’il évoque la démarche inclusive et tutti quanti… Le défaut congénital dans cette histoire réside bel et bien au niveau des interlocuteurs « choisis » pour débattre avec eux d’un secteur hautement stratégique à l’aune duquel on mesure aussi bien l’épaisseur du soft power d’un pays que la fabrication sui generis d’une opinion publique.

On laissera pour une autre fois le débat sur la liberté de presse et d’édition. Même si on ne laissera pas passer deux choses fondamentales qui doivent être dénoncées pour ce qu’elles sont : la poursuite des journalistes au nom du code pénal et le retour intempestif de la censure, comme on l’a (re)découvert avec Abyaba lors du dernier SIEL, avec l’interdiction d’un opus sur « Al Boukhari » et ses recensions.

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