L’EQUILIBRE EN PERSPECTIVE

L’amélioration du taux de couverture en 2014 a profité de l’orientation positive des ventes des branches automobile et électronique, dans un contexte de baisse de la facture énergétique. Le déficit devrait, selon les différents pronostics, s’alléger d’avantage pour l’année en cours. 

Sur la base des données préliminaires de 2014, le déficit commercial s’est allégé de 6% à 186,4 Mrds Dhs, comparativement à 2013. Cette évolution s’explique par l’amélioration de6,1% des exportations à 196,7 Mrds Dhs, alors que les importations sont restées quasiment stables à 383,1 Mrds Dhs. Le taux de couverture s’est ainsi amélioré de 3points de pourcentage à 51,3%.La progression des exportations est liée principalement à l’augmentation de 26,2% des ventes du secteur automobile à 39,8 Mrds Dhs, traduisant la hausse de 52,7% de celles de la construction de voiture. De même, les exportations de câblage se sont accrues de 9,9% ou 1,6Mrds Dhs. En parallèle, les expéditions du secteur de l’électronique ont crû de 26% à 8,7 Mrds Dhs et celles du secteur agricole et agro-alimentaire se sont appréciées de 3,2%, recouvrant une amélioration des ventes de l’industrie alimentaire de 8,3% et une baisse de celles de produits agricoles. Sur le même registre, les livraisons du secteur du textile et cuir ont progressé de 3,8%, revenant à leur niveau de 2012 et celles du secteur aéronautique ont légèrement augmenté s’établissant à 7,1 Mrds Dhs. Par ailleurs, les ventes de l’OCP se sont stabilisées à 37,3 Mrds Dhs,après une baisse de 22,9% en 2013 et les exportations du secteur pharmaceutique ont reculé de3,9%, après la hausse de 22,1%.

Le poids du baril
Après une légère baisse en 2013, les importations se sont stabilisées en 2014, sous l’effet conjugué du recul de 10,1% de la facture énergétique suite à la diminution de 22,9% des achats de pétrole brut et à celle de 10,1% des acquisitions de gasoil et fuel et du repli des importations de biens d’équipement qui ont régressé de 4,1%, en liaison essentiellement avec le fléchissement de 56,6% de celles de machines à trier et au recul de 17,4% des achats des machines et appareils divers. Ces baisses ont été atténuées par les hausses des importations des produits alimentaires et celles de biens de consommation. En effet, la facture alimentaire s’est alourdie de 14,8% à 41,2 Mrds Dhs, traduisant l’augmentation de plus de moitié des approvisionnements en blé. Dans le même sens, les achats de biens de consommation ont progressé de 8%, suite notamment à l’accroissement de 8,5% de ceux des voitures de tourisme. Quant aux autres groupements de produits, les achats de produits bruts se sont accrus de10,5%, reflétant, en particulier, l’augmentation de 30,4% des acquisitions de soufre brut, alorsque les importations de demi-produits ont quasiment stagné à 81,1 Mrds Dhs. S’agissant des autres rubriques du compte extérieur, les recettes voyages sont restées quasi stables à 57,4 Mrds Dhs, après une légère baisse constatée en 2013, tandis que les transferts des MRE n’ont augmenté que de 2,2% à 59,1 Mrds Dhs, après avoir diminué de 1,5%un an auparavant. Quant aux flux net des investissements directs étrangers, ils ont augmenté de2,6% à fin 2014
à Mrds Dhs, reflétant la baisse de 5,5 Mrds Dhs des dépenses, plus importante que celle de 4,8 Mrds Dhs des recettes.

Détente continue
Pour ce qui est des perspectives pour l’année qui démarre, la Balance Commerciale devraient accentuer son dynamisme, capitalisant notamment sur une légère rupture pour les phosphates, avec la tendance baissière de fond amorcée par l’industrie depuis 2011, grâce au raffermissement escompté de la demande mondiale en fertilisants de 2,5% en 2015 combiné à une demande très importante des pays de l’Afrique subsaharienne, devant en principe compenser le repli de la demande brésilienne dans un contexte de ralentissement économique. La poursuite de la montée en puissance de l’industrie automobile , nouveau relais de croissance, devrait profiter de la consolidation de la production du projet Renault de Tanger avec l’entrée en service de la deuxième ligne de production de voitures, devant a priori porter la production à 340 000 voitures destinées à hauteur de 90% à l’export. La redynamisation de la branche textile qui représente 14% de la valeur ajoutée des industries de transformation devrait poursuivre son intégration au niveau des chaînes de valeurs mondiales, profitant de la reprise progressive de la demande européenne ainsi que du recentrage de plus en plus marqué de la Chine sur son marché intérieur. Toutefois, le secteur serait concurrencé par la montée en puissance de l’activité en Ethiopie, devenue une destination africaine privilégiée en matière de sourcing, notamment avec l’implantation de géants mondiaux tels que le suédois H&M et le turc AYKA.
Il y a lieu de souligner l’allègement de la facture énergétique grâce à la poursuite de la tendance baissière du cours du Baril de Pétrole. En effet, l’AIE aurait abaissé de 230 000 barils par jour (bj) ses prévisions de croissance de la demande mondiale pour 2015 pour les fixer à 93,3 millions (bj), estimant que la surabondance de l’offre combinée à une reprise économique toujours timide chez certains pays importateurs devrait maintenir la détente des prix. Même son de cloche pour les réserves internationales nettes qui devraient également profiter de la poursuite de l’orientation positive des flux d’IDE avec l’encaissement de nouveaux dons en provenance des Pays du Golfe estimés à 13 Mrds Dhs en 2015. Dans ces conditions, les RIN devraient se monter à près de 5 mois et 15 jours d’importations, selon les estimations de la Banque Centrale, avec un déficit du compte courant contenu à 5% du PIB.

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