Les artistes de la diaspora algérienne solidaires des détenus du Hirak

Des artistes algériens ont participé depuis l’étranger ou ils vivent à un concert virtuel en soutien aux détenus du Hirak et à leurs familles. Initié par « Free Algeria », une coordination de collectifs de la diaspora qui militent pour la démocratie, ce spectacle a été diffusé lors de l’Aïd el-Fitr.

Le mouvement de soutien pour les détenus du Hirak dépasse largement les frontières algériennes. La coordination de collectifs de la diaspora algérienne d’Europe (France, Suisse, Autriche, Begique et Italie) et des États-Unis, a eu l’occasion de le démontrer avec Songs for freedom, concert virtuel qui a rassemblé une trentaine d’artistes algériens. Cheikh Sidi Bémol, Amel Zen, Lawzi, Sofiane Lahlou, Samira Brahmi, la Fanfare du soleil… ont chanté en l’honneur des détenus d’opinion algériens.

Karima Ainenas, géologue au Canada, membre de Free Algeria et du média alternatif Ras El Khit, relate à Sputnik les raisons qui ont conduit à initier cet événement.«Nous voyions arriver l’Aïd el-Fitr et nous nous disions qu’il était inconcevable que des citoyens détenus pour le simple d’avoir exprimé une opinion passent cette fête loin de leurs enfants et de leurs familles. L’idée d’organiser un concert virtuel avec des artistes algériens installés partout dans le monde est apparue après une discussion entre membres de la coordination est», a-t-elle souligné.

Chaque artiste a enregistré sa prestation puis l’a envoyée à la coordination qui a réalisé le montage final. Le concert a été diffusé au cours de la soirée du samedi 23 mai sur la chaîne YouTube de Free Algeria ainsi que sur les pages Facebook de Wech derna, Berbère TV et Radio Corona Internationale. Une expérience réussie, selon K. Ainenas. Engagée dès février 2019 dans le Hirak, la chanteuse Amel Zen considère que ce concert est une action artistique pour une cause juste «en faveur de la démocratie et contre la répression des libertés fondamentales».

Pour A. Zen, ce concert virtuel est «une action de résistance en ces temps de pandémie. Il est important de continuer à lutter malgré les mesures de confinement». La chanteuse a récemment démontré son haut niveau d’engagement à l’occasion de la tenue du Worldwide Afro Network (WAN), show d’envergure continentale qui a rassemblé des artistes africains lors d’un grand concert diffusé lundi 25 mai. Après avoir accepté d’y participer, A. Zen s’est finalement retirée pour éviter d’apparaître sur les écrans des «télévisions nationales des États africains».

«Sincèrement, je pensais que c’était un projet indépendant, j’avais tout de suite adhéré car je suis dans une démarche artistique tant algérienne qu’africaine. Mais notre continent a besoin d’être libéré au même titre que l’Algérie. Si je me bats pour Mama Algeria, je dois aussi me battre pour Mama Africa. Pour cela, il faut que les régimes totalitaires disparaissent et que le continent soit réellement libre et indépendant», a-t-elle laissé entendre.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire plus