Les Gambiens retiennent leur souffle : Etat d’urgence…

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Alors que le président élu Adama Barrow doit être investi ce jeudi 19 janvier, le président sortant Yahya Jammeh qui n’entend pas plier à la règle de l’alternance a préféré, lui, proclamer l’état d’urgence face à « l’ingérence étrangère ». Une fuite en avant qui met les Gambiens sous tension. Isolé et soumis à de fortes pressions internationales croissantes, le président gambien sortant a décrété l’état d’urgence lors d’une allocution à la télévision nationale. Il y a dénoncé « un niveau d’ingérence étrangère exceptionnel et sans précédent » dans le processus électoral et les affaires de la Gambie, ainsi que « l’atmosphère hostile injustifiée qui menace la souveraineté, la paix et la stabilité du pays ».
Officiellement, c’est aujourd’hui, mercredi, à minuit que se termine la présidence de Y. Jammeh. Mais personne ne sait de quoi demain sera fait dans ce petit pays en proie à une instabilité politique. Même s’il semble s’accrocher à la présidence, le départ de Y. Jammeh semble toujours possible. Les diplomates parlent de points positifs, de signaux qui laissent entendre que le maître de Banjul pourrait finir par partir. « Les voitures de luxe du président ont été embarquées dans un container il y a quelques jours », explique l’un d’eux, qui poursuit : « La destination ? Peut-être la Mauritanie, peut-être la Guinée-Conakry ».
Le président Alpha Condé entretient en effet de bons rapports avec Y. Jammeh. Alors que la Cédéo n’exclut pas de recourir à la force, le président guinéen reste opposé à toute intervention militaire. La diplomatie n’a pas encore épuisé toutes ses ressources, assure-t-on à Conakry. L’un des conseillers du président Condé, Tibou Kamara, est attendu à Banjul ce mercredi où des émissaires marocains étaient encore présents.
Pour autant, Alpha Condé, qui n’est pas mandaté par la Cédéao, ne veut pas s’imposer. Il est prêt à proposer ses bons offices et son aide au président Buhari, médiateur officiel de la Cédéao. A Conakry, on estime qu’il faut donner une chance à Jammeh de sortir honorablement de cette crise. Selon lui, le numéro un gambien ne souhaite pas s’accrocher au pouvoir, mais tient à ce que la Cour suprême puisse examiner les recours déposés par son parti sur les résultats de l’élection.
A Conakry, on estime donc que l’échéance du 19 janvier ne doit pas fermer la porte à toute discussion. Mais ailleurs, les observateurs estiment que Y. Jammeh a tout perdu et qu’au moindre coup de feu, les Nations unies seront saisies…

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