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Les guerres déshumanisées : Entre bravoure et bavures technologiques

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On ne jure que par la technologie et les prochaines ruptures qu’elle induirait y compris sur le théâtre des opérations militaires. « L’Art de la guerre », une autre tentation du Forum de Davos, ne pouvait faire l’impasse sur les sauts technologiques qui d’ores et déjà placent les opérations à distance au firmament. L’obsolescence des engagements directs est favorisée, valeur aujourd’hui, par le recours massif aux drones. La bravoure des soldats, éprouvés sur le terrain, cède la place aux drones et aux bavures que leur utilisation a déjà charriées sur plusieurs fronts. Désormais, les plus « up to date » évoquent le recours aux robots dans un proche avenir… On est donc à l’aube de « la guerre des machines » que la production hoollywoodienne avait déjà consacrée. Mais il faut croire que l’étape intermédiaire passera par les contingents encore en formation de « soldats augmentés ». Au cours d’une table ronde de Davos, consacrée à « l’avenir de la guerre », nombre d’experts ont estimé que ces évolutions étaient inéluctables et porteuses de risques et de dangers qui devraient être le plus rapidement possible pris en compte. L’Américaine Mary Cummings qui, avant d’être professeur spécialisée dans l’interaction entre hommes et robots à l’Université de Duke ne jure que par ce nouveau pli auquel la guerre doit sacrifier. « Il est certain que nous allons voir de plus en plus de missions militaires confiées à des robots », assure cet universitaire qui fait aussi office de l’une des premières pilotes de l’aéronavale américaine. « Israël a déjà annoncé son intention de remplacer tous ses pilotes par des robots, et aux États-Unis des généraux ont assuré que le dernier pilote de chasse de l’histoire de l’armée de l’Air américaine était déjà né », a-t-elle dit.
« La réalité est que les missions de chasse et de bombardement sont déjà mieux effectuées par les aéronefs sans pilote que par les humains », a-t-elle ajouté. « Il est plus sûr pour l’US Air Force d’envoyer un drone pour une mission de bombardement. C’est définitif. Nous allons voir de plus en plus de missions dans les airs confiées à des robots ».
Jeanine Antoinette Plasschaert, ministre néerlandaise de la Défense, « ce genre d’arme est déjà une évolution définitive, il n’y aura pas de marche arrière. Nous allons par exemple être confrontés à des systèmes d’intelligence artificielle capables de modifier en cours de mission leurs propres règles d’engagement. De ce fait, la dimension éthique et le contrôle humain de ce genre d’armes n’en est que plus important ».
Aux yeux de Jean-Marie Guéhenno a la tête de l’ONG International Crisis Group, la diffusion à grande échelle de technologies civiles facilement adaptables à l’usage militaire devrait gommer les différences entre les nations, ou même entre les armées les mieux équipées et les groupes terroristes. Dans la bouche de ce Français ex- secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix, l’aveu est des plus troublants.
Mary Cummings signale que le groupe terroriste Daech « peut imprimer en 3D des milliers de drones, les équiper d’armes conventionnelles ou biologiques et provoquer des dégâts bien plus importants qu’un F-35 dans une frappe chirurgicale. La barrière d’entrée technologique est devenue tellement basse que n’importe qui peut avoir ce genre de drone […] Je pense que déjà Google et Facebook disposent déjà de technologies de drones supérieures à celles des agences de renseignements de tous les pays ».
Si les guerres peuvent être déshumanisées, il n’en reste pas moins que l’ordre de conflictualité reste, lui, le propre de l’homme. Vers quelle gouvernance mondiale s’acheminera-t-on pour empêcher le pire de l’homme, son ode à la guerre ? Davos ne répondra pas à cette interpellation…
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