Les intermédiaires, ces grands corps malades… 

Le véritable débat qui doit être engagé dans le pays qui s’apprête à reprendre le travail, le déconfinement devant intervenir à terme, ne doit pas se focaliser sur les sornettes.

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Les intermédiaires, ces grands corps malades… 

Toute personne censée fera l’économie de la polémique alimentée, une fois de plus, sur le véritable épicentre du pouvoir au sein même de l’Exécutif, d’aucuns s’empressant de priver le chef du gouvernement de son rôle d’animateur d’équipe pour lui substituer le grand argentier qui préside, lui, aux destinées de la commission de veille économique (CVE). Saad Eddine El Othmani a d’ailleurs eu raison de dire que la teneur de son discours sur la reprise du travail après l’Aïd Al Fitr ne diffère guère de celle de Mohamed Benchaaboun. Mais là s’arrête la comparaison, si comparaison devait avoir lieu, entre un politique et un technocrate.

La question qui ne doit nullement être éludée a trait, elle, aux dimensions de la sécurité sanitaire en milieu de travail. Ceci est d’autant pertinent qu’au lendemain de l’annonce officielle de la reprise du travail sous confinement, les chiffres liés à l’évolution de la pandémie dans le Royaume loge la majorité des cas au niveau des usines. Et un des cas symptomatiques qui a bénéficié d’un traitement médiatique tout particulier a trait au cas, unique, recensé dans l’usine de Renault, à Tanger.

Tout prête à croire que les décideurs font grand cas de cette question cardinale. Car la reprise ne saurait être gagnante qu’a la seule condition que les manufactures ne se transforment pas en foyers de production de la pandémie. Ils avancent pour se donner bonne contenance nombre de statistiques sur les contrôles réalisés… Histoire de dire que l’Etat a des yeux et que ces yeux-la ne dorment jamais. Mais que l’on nous permette de douter de cette assertion qui s’avère trop légère devant le poids de la réalité. Le chef du gouvernement n’ignore pas qu’avec le maintien du confinement et de l’état d’urgence sanitaire, stratégie payante au regard des déficits cumulés ailleurs, bien des ratés sont constatés ici et là.

Ira-t-on jusqu’à déployer les forces de l’ordre au sein même des usines ? Voilà une aberration que nul de censé ne saurait ne serait-ce qu’imaginer. Que reste alors pour mieux contrôler les unités de production ou nombre de patrons persistent, fort malheureusement, à ne voir en la force de travail qu’une masse informe juste bonne à être corvéable et malléable à merci ? Les corps intermédiaires, pardi … Mais là aussi, on se rend vite à l’évidence que la complicité agissante entre patronat et pouvoir a contribué dans une large mesure à créer un désert syndical. Les statistiques parlent d’elles même des lors qu’il s’agirait de calculer le taux de syndicalisation dans le pays…

S’il est bon de pérorer avec les autres que l’après Covid-19 ne ressemblera pas à l’avant pandémie, autant aller droit aux fondamentaux. En exigeant la généralisation des syndicats dans toutes les unités du pays. Osera-t-on l’imaginer pour maintenant ? Rêver un peu ne fait de mal à personne, tout en souhaitant que la reprise du travail ne se transforme en cauchemar, torpillant de la sorte tous les efforts déjà consentis.

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