Les manifestants rompent le dialogue avec la junte : Riyad et Abu Dhabi volent au secours de Khartoum

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Les manifestants rompent le dialogue avec la junte : Riyad et Abu Dhabi volent au secours de Khartoum

Au Soudan, le chef du Conseil militaire de transition Abdel Fattah Burhan est apparu à la télévision nationale pour annoncer que le Conseil militaire s’engage « à transférer le pouvoir au peuple ». Pas de quoi rasséréner les contestataires qui squattent l’espace contiguë au QG général à Khartoum. Voilà pourquoi les responsables de la contestation ont suspendu les discussions avec l’armée et appellent à intensifier le mouvement, selon un des porte-paroles, cité par l’AFP.

Le général Burhan qui a remplacé le général Ibn Auf à la tête du Conseil militaire s’est voulu rassurant à l’égard de la contestation en promettant de transférer le pouvoir au peuple. C’est d’ailleurs la principale revendication des manifestants qui rejettent la junte militaire en place. Le général Burhan tente de les rassurer en soulignant que dès cette semaine, il répondra à leur demande.

Les discussions de samedi 20 avril entre militaires et leaders de la mobilisation, dont l’Association des professionnels soudanais (APS), n’auront abouti à rien. C’est la raison qui motive leur refus d’abandonner les rues. Plus, une conférence de presse était même prévue dimanche soir pour dévoiler les noms du Conseil civil. Une liste de personnalités civiles avait bien été dressée mais les garanties apportées par le Conseil militaire, ne sont visiblement pas claires, pas suffisantes, pour trouver un terrain d’entente. Ce qui explique la suspension des discussions avec l’armée par les manifestants qui ont appelé à intensifier le mouvement. « Nous suspendons nos discussions avec le Conseil militaire », a déclaré un porte-parole des organisations représentant la contestation, Mohamed al-Amine, devant des milliers de personnes rassemblées près des bâtiments de l’armée à Khartoum. « Nous considérons le Conseil militaire comme un prolongement du régime » de l’ex-président Omar el-Béchir, destitué le 11 avril dernier, a-t-il ajouté en appelant à intensifier les manifestations.

Dimanche en début de soirée, alors que les rues étaient noires de monde devant le quartier général de l’armée, la liesse des manifestants n’a pas duré longtemps. Mais après la suspension de l’annonce d’une proposition de gouvernement civil par les partis d’opposition, une partie des protestataires a quitté les lieux, assommés par ce retournement alors que quelques heures plus tôt le général Burhan, à la tête du Conseil militaire avait déclaré accepter le principe d’un transfert du pouvoir au peuple.

Mais dans les rues de Khartoum, on entendait aussi dans la nuit résonner un chant nouveau. Celui de contestataires déterminés scandant les mots suivants : « Qui est Burhan ? C’est un enfant du régime. Qui est Burhan, c’est un traître ». Des chants repris par des groupes différents convergeant tous vers le sit-in du quartier général de l’armée.

Pour soulager la junte qui tergiverse à Khartoum, force est de souligner que l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont annoncé dimanche un soutien financier commun de 3 milliards de dollars. Ce soutien prend la forme d’un dépôt de 500 millions de dollars à la Banque centrale soudanaise et d’une somme 2,5 milliards destinée à financer les besoins du peuple soudanais en produits alimentaires, médicaments et produits pétroliers, a indiqué l’agence saoudienne officielle SPA, sans préciser s’il s’agissait de dons ou de prêts.

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