Les poupées russes saoudo-émiraties pour désamorcer le conflit au Yémen

Mark Lowcock, Coordonnateur des secours d’urgence des Nations-Unies, a averti mardi le Conseil de sécurité que la crise humanitaire au Yémen continuait d’empirer et que la famine menaçait de nouveau la population de ce pays en proie à un conflit armé vieux de plusieurs années.

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Les poupées russes saoudo-émiraties pour désamorcer le conflit au Yémen

“La crise humanitaire au Yémen n’a jamais été aussi pire”, a déclaré M. Lowcock aux membres du Conseil, avertissant que le conflit s’intensifiait de nouveau et que les agences humanitaires sont encore une fois à bout de ressources. En parallèle, la pandémie du COVID-19 se propageait de manière incontrôlable, s’est inquiété le chef de l’humanitaire des Nations-Unies. Il a également fait état de 43 lignes de front actives actuellement au Yémen, contre 33 en janvier dernier. “Les Yéménites ont besoin d’un cessez-le-feu à l’échelle nationale”, a insisté M. Lowcock.

De son côté, Martin Griffiths, l’Envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen, a informé les membres du Conseil de sécurité sur l’état d’avancement des négociations de paix en cours depuis quatre mois entre les parties en conflit dans le pays. Il a indiqué que les deux parties ont fourni des commentaires sur divers projets et propositions, mais qu’elles doivent encore parvenir à un accord sur un texte final.

M. Griffiths a dit qu’il est important que les deux parties continuent de s’engager dans le processus de paix, soulignant toutefois que les négociations doivent aboutir “avant que la fenêtre d’opportunité ne se referme”. L’Envoyé spécial a averti que la situation militaire ne s’était pas améliorée au cours du mois dernier. 

Du nouveau à Aden

Les séparatistes du sud du Yémen ont annoncé, mercredi 29 juillet, renoncer à leur autonomie et se sont engagés à mettre en œuvre un accord de partage du pouvoir avec le gouvernement. Le conflit entre le gouvernement et les séparatistes du Conseil de transition du sud (STC), en principe alliés contre les rebelles houthistes, représente une guerre dans la guerre au Yémen.

Le STC « annonce qu’il renonce à sa déclaration d’autonomie », afin de permettre l’application de l’accord de Ryad, a écrit sur Twitter son porte-parole, Nizar Haitham, évoquant le rôle joué par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis pour parvenir à cette décision. Les efforts de l’Arabie saoudite « ont conduit le gouvernement (démissionnaire) yéménite et le Conseil de transition du sud à accepter le mécanisme proposé pour mettre en oeuvre l’accord de Ryad », s’est félicité le vice-ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled ben Salmane, sur Twitter.

L’Arabie saoudite a confirmé avoir proposé un plan pour « accélérer » la mise en œuvre de l’accord de Riyad de 2019, a rapporté l’agence de presse officielle saoudienne SPA. Le plan prévoit que le premier ministre yéménite forme un nouveau gouvernement d’ici à trente jours, ainsi que la nomination d’un nouveau gouverneur à Aden, la capitale provisoire du pays, où sont basés les séparatistes.

Cette guerre dans la guerre a rendu encore plus complexe un conflit qui, en cinq ans, a fait des dizaines de milliers de morts et a provoqué, selon les Nations unies, dans un pays qui est le plus pauvre de la péninsule arabique.

Après les accrochages et les affrontements militaires qui opposaient leurs mercenaires depuis novembre 2019, la coalition saoudo-émirati a mis en place un plan de partage de pouvoir qui garantit ses intérêts dans le sud du Yémen.

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