Perspective MED
Actualité à la une

Les saisonnières de Huelva: La fraise à ce goût d’indignité …

Les officiels marocains qui se font forts que de rappeler que « la dignité des citoyens est une ligne rouge » doivent se réveiller. Et taper fort sur la table. Car révoltante est la situation endurée par quelque 400 saisonnières marocaines dans les fermes de « Doñaña 1998 », entreprise située à Almonte, dans la province de Huelva (sud-ouest de l’Espagne). Avant la fin de leur contrat de travail prévue le 5 juin, elles ont été parquées, contre leur gré, comme du bétail dans des bus pour les rapatrier au Maroc via Algesiras.

Sans l’intervention de la Guardia Civil et la dénonciation de ce forfait par le Syndicat andalou des travailleurs (SAT), l’objectif de l’entreprise espagnole aurait été atteint. Il s’agissait d’enterrer une bonne fois pour toutes les accusations que les saisonnières portaient à l’encontre de quelques nervis qui non seulement violaient les contrats de travail, mais abusent sexuellement des travailleuses. Une centaine de saisonnières avaient déjà saisi la police espagnole de ces faits graves. Dans leur plainte collective, ces femmes expliquent que leurs conditions de travail en Espagne sont différentes de celles mentionnées dans leurs contrats de travail signés au Maroc. Plus, certaines n’auraient pas reçu leurs salaires, rapporte Europa Press

Dans une enquête de Buzzfeednews et Correctiv.org publiée début mai,  plusieurs saisonnières marocaines travaillant dans des champs de fraise ont été victimes de viols et d’autres abus sexuels sur leur lieu de travail. Une enquête a été ouverte en Espagne et une première arrestation a eu lieu. Il s’agit d’un homme de 47 ans qui était chargé de superviser les travailleuses dans une exploitation de la région. Ce dernier a été toutefois relâché, en attendant son procès.

Si Mustapha El Khalfi avait assuré que « la défense de ces femmes relève de la responsabilité du gouvernement » tout en appelant à l’ouverture d’une enquête en collaboration avec le parlement, Mohamed Yatim, ministre de l’Emploi, continue, lui, à se défausser. Alors que le patron de l’ANAPEC appelait à ne pas succomber aux buzz. Mustapha Ramid qui s’agite pour un oui ou pour un non garde la bouche cousue. Révoltant ! Surtout que cette amère réalité traduit le peu de considération qu’affichent les responsables à l’endroit de leurs concitoyens. Le Marocain est-il condamné à vendre sa sueur ici au moindre coût et à subir brimades et exactions de l’autre côté de la Méditerranée ? Quoi qu’il en soit, l’Espagne ne nous fait certainement pas une faveur en négociant des contrats pour les saisonnières. Au nom de la dignité, il faut savoir dire « Basta ! »

This website uses cookies to improve your experience. We'll assume you're ok with this, but you can opt-out if you wish. Accept Read More