Les uns dénoncent, d’autres se couchent, le projet de loi 22-20 divise la classe politique

Plusieurs partis politiques ont choisi de monter au créneau pour s’exprimer sur le projet de loi n°22.20, relatif à l’utilisation des réseaux sociaux, des réseaux de diffusion et réseaux similaires. Projet ayant mis en émoi la galaxie des internautes pour ses penchants liberticides. 

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Les uns dénoncent, d’autres se couchent, le projet de loi 22-20 divise la classe politique

«Nous affirmons notre rejet total et notre forte opposition, en tant que parti nationaliste et moderniste, à tout ce qui nuirait aux acquis en matière des droits de l’Homme et des libertés que notre pays a réalisés grâce à des décennies de sacrifices de personnes honorables, du peuple marocain et de ses institutions», a écrit Abdelatif Ouahbi, secrétaire général du PAM, dans un communiqué publié mardi soir.

Il a annoncé l’opposition de son parti à l’adoption par le gouvernement du projet de loi 22.20 «dans cette conjoncture précise» et dénoncé un texte qui serait «de nature à porter atteinte à l’unité et la mobilisation nationales dans ces circonstances exceptionnelles alors que notre pays fait face à la pandémie du coronavirus».


Le PAM a expliqué que cette position date de l’après « approbation » par le gouvernement, le 19 mars dernier, du contenu du projet de loi 22.20 relatif à l’utilisation des réseaux sociaux, des réseaux de diffusion ouverts et des réseaux similaires, « avec le choc et les craintes qu’il a causés à de nombreux défenseurs des droits de l’Homme et à l’opinion publique ». Plus, cette formation estime que ce projet de loi « restreint la liberté d’opinion et d’expression en tant que droits garantis par la constitution » . 

Son Bureau politique considère que le fait de présenter pleinement ce projet de loi en ce moment, « nuirait et perturberait l’unité nationale et la mobilisation à la lumière des circonstances exceptionnelles que traverse notre pays face à la pandémie du Coronavirus, et dans lesquelles le gouvernement est censé concentrer tous ses efforts sur la mobilisation nationale ».

Pour sa part, Nabila Mounib a affirmé que des dispositions du projet de loi sont contraires à la Constitution et aux accords internationaux souscrits par le Maroc en matière des droits humains. 

La secrétaire générale du PSU a regretté que des «gouvernements non démocrates» se saisissent de cette pandémie du coronavirus pour «torpiller les acquis en matière des droits de l’Homme». N. Mounib a affirmé que le texte en question a été examiné et adopté par le gouvernement même s’il restreint la liberté d’expression.

L’Istiqlal se joint au concert des partis qui dénoncent ce projet de loi et déplore « l’état de black-out pratiqué sur ce projet, dans une violation flagrante du droit d’accès à l’information, comme l’un des droits fondamentaux approuvés par la constitution, en particulier dans son Article 27 ». Le PI exprime aussi son « mécontentement face à la confusion apparente du gouvernement dans le traitement de ses composantes par rapport au projet de loi ».

Plus, le Comité exécutif a appelé le gouvernement à « ne pas brader le niveau de confiance dans les diverses institutions », à « réorganiser ses priorités de manière à soutenir l’unité nationale et à renforcer davantage le front intérieur », à « reporter ses différends et conflits internes », et à « ne pas soulever de questions et de projets qui provoqueraient une rupture et une division au sein de la société, en particulier à la lumière des conditions difficiles que traverse le pays ».

Le camp des ni-ni… 

Nabil Benabdellah, dont la formation a choisi de se placer dans l’opposition, a botté en touche en jetant son dévolu sur les fuites sur les réseaux sociaux d’extraits du texte approuvé par le gouvernement, lors de sa réunion du 19 mars. «Si le gouvernement a des problèmes d’entente entre ses différentes composantes, alors qu’elles les traitent d’une autre manière et non à un moment où nous avons besoin de cohésion et d’unité nationale», dénonce le secrétaire général du PPS sur son mur Facebook. «Ce n’est pas le moment de régler des comptes avec un texte de ce genre», a-t-il lancé aux partis de la majorité gouvernementale. Un message qu’il avait maintes fois répété alors que son parti siégeait au gouvernement. N. Benabdellah qui est resté timoré sur le fond du problème a vite été débordé par sa jeunesse qui dénonce avec la dernière énergie un projet de loi liberticide. Dans un communiqué ad hoc, la jeunesse du PPS dit « Non à une loi qui musèle ». 

Quant à Driss Lachgar, secrétaire général de l’USFP, il s’est défaussé par rapport à la polémique qui fait rage autour du projet de loi 22.20, indiquant qu’il «s’agit juste d’une simple mouture». En somme, « circulez, il n’y a rien à voir » est l’attitude prisée par le chef de file de l’USFP autour d’un projet de loi qui, il faut le souligner, est porté par le ministre de la Justice, Mohamed Benabdelkader, lui-même membre du parti de la Rose. 

Au nom du Mouvement populaire, Mohand Laenser ne s’est pas départi de sa traditionnelle démarche marquée de prudence. «Nous allons voir ce que la commission ministérielle décidera», a laissé entendre le secrétaire général de cette formation. Autant dire un « no comment » face à un projet de loi des plus liberticides…

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