Les USA appuient les raids israéliens en Syrie

Une fois de plus, Israël a mené, dans la nuit de mardi à mercredi 13 janvier, un raid aérien contre la ville de Der Ezzor (Est) et la badiya (désert) de Boukamal, à la frontière syro-irakienne. Sauf que cette fois-ci, le raid s’est fait avec la complicité des Américains. 

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Les USA appuient les raids israéliens en Syrie

«À 01 heure 10 du matin, l’ennemi israélien a mené une agression aérienne contre la ville de Deir Ezzor et la région de Boukamal», a précisé l’agence officielle Sana.

«La DCA de l’armée syrienne a été actionnée et les conséquences de l’agression font actuellement l’objet de vérifications » a indiqué Sana, citant une source militaire. Selon la radio Sham FM, plusieurs explosions ont été entendues simultanément dans l’ouest et l’est de la province de Deir ez-Zor, rarement ciblée par Tsahal.

Il s’agit de la deuxième série de raids en moins d’une semaine menés par Israël contre la Syrie. Les dernières frappes ont eu lieu le 7 janvier et avaient visé des positions dans le sud syrien et au sud de la capitale Damas. Ce raid de l’aviation israélienne dans le sud-est de la Syrie a fait suite à la réception par Israël de renseignements US sur des sites où seraient stockées des armes iraniennes, a annoncé Associated Press, citant un haut responsable du renseignement américain qui a souhaité rester anonyme.

Selon l’agence de presse, les entrepôts visés par les frappes faisaient en outre partie du système d’approvisionnement du programme nucléaire iranien.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, a rencontré le 11 janvier le chef du Mossad, Yossi Cohen, à Washington, pour discuter des prochaines frappes aériennes, rappelle AP.

La base d’al-Tanaf activée

Cette pression israélienne sur la région désertique de la Syrie intervient au moment même où des éléments terroristes affiliés à Daech ont récemment attaqué des convois de civils et militaires syriens. Ce qui soulève une autre question quant au rôle joué par la base US d’al-Tanf dans le sud syrien, le long de la frontière entre l’Irak, la Jordanie et la Syrie. 

A Damas, on considère que depuis son implantation, cette base est devenue une source non seulement d’instabilité car abritant une présence militaire étrangère illégale, mais représente également un terrain fertile pour les derniers éléments de Daech en terre syrienne.

En effet, les autorités syriennes, ainsi que la Russie et l’Iran, ont maintes fois pointé du doigt l’illégalité de cette présence étasunienne – sachant que les Etats-Unis ne disposent ni d’une invitation officielle du gouvernement syrien, ni d’un mandat onusien. Mais si cette violation US du cadre international est loin d’être nouvelle, ayant toujours du mal à accepter la nouvelle réalité mondiale multipolaire, l’autre côté obscur de cette implantation n’est autre que les cellules dormantes de Daech dans le désert de Syrie. Des cellules qui ont commis récemment un certain nombre d’attaques sporadiques visant des civils et des militaires syriens.

Une opération est depuis en cours, à laquelle participe l’armée gouvernementale syrienne, soutenue par ses alliés russe et iranien, afin de nettoyer définitivement la zone desdites cellules dormantes terroristes. 

Ceci étant dit, la raison de l’existence de cette base étasunienne n’a jamais vraiment été un secret – y compris des propres aveux de l’establishment américain. A savoir qu’elle est destinée à contrer l’influence syro-russo-iranienne dans la région. En oubliant évidemment que la Syrie est un Etat souverain, tandis que l’Iran et la Russie se trouvent dans la République arabe sur une base légitime. Mais cela est une autre histoire.

Pour revenir à la présence terroriste, selon l’agence de presse syrienne Sana, «les forces d’occupation américaine auraient transporté des dizaines de terroristes appartenant à Daech de plusieurs prisons du gouvernorat de Hassaké vers la base illégale à Tanf sur les frontières syro-jordaniennes».

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que de telles informations soient diffusées au sein des médias de Syrie. Une chose est pour autant certaine – les USA ne prennent aucune mesure digne de ce nom pour lutter contre la nébuleuse terroriste – et ce malgré l’annonce des intentions de lutter contre les restes de Daech.

La réalité est qu’une fois de plus, Washington démontre que la lutte contre Daech, tout comme Al-Qaida, n’a jamais fait partie de ses priorités. Et que l’objectif principal reste effectivement la déstabilisation des forces régionales et de leurs alliés – qui au-delà de se trouver sur une base légale, mènent réellement une lutte sans relâche contre le terrorisme international dans la région. Mais plus que cela encore, les USA à travers cette approche démontrent que les éléments terroristes peuvent être utilisés par l’establishment étasunien – du moment que cela sert leurs intérêts géopolitiques dans la région.

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