L’homo bavette, « dib chkhi » et autres préciosités

L’espèce humaine mue. Il suffit, pour s’en convaincre, de voir autour de nous ce que l’ère dite « petite poucette » a pu engendrer : des enfants qui voltigent entre les logiciels pour se réapproprier le monde, loin de la pesanteur du milieu familial.

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Faut-il y croire ?

Le pire dans ce que nous réserve la révolution  numérique, c’est qu’elle fait basculer nos bambins vers l’univers des tardigrades, ces espèces d’invertébrées qui ont la capacité de résister, assure-t-on, au néant, et à supporter la plus haute des solitudes. Il me revient à l’esprit l’alerte lancée il n’y a pas si longtemps de cela par des scientifiques quant à l’émergence d’une nouvelle génération d’enfants, moins enclins à l’effort physique et par conséquent moins résistants que leurs géniteurs. On n’est donc pas loin de la consécration scientifique des partisans du moindre effort. Ceux qui veulent tout, tout de suite et sans rien en contrepartie. 

Les GAFAM, dénoncés dans leurs pires séquelles par des penseurs, comme le regretté Bernard Stiegler, n’en finissent pas de travailler pour le « remodelage » de l’homme, espèce devenue par la dynamique logarithmique, de pures produits juste capables de générer du bénéfice pour les archi-milliardaires qui, par la grâce des puces, croulent sous une rente planétaire. Et ce n’est certainement pas du toc que de l’affirmer au regard de ce qui se trame derrière la guerre livrée contre le chinois Tik-Tok, et encore moins ce que cachent toutes les batailles auxquelles on assiste depuis que la 5 G a pointé son nez depuis l’Empire du Milieu. 

Virale est devenue cette guerre tantôt chaude, comme l’a décidé l’Empire de l’Oncle Sam qui s’échine pour que rien ne lui échappe des « révolutions » technologiques à venir, tantôt froide, comme le laisse envisager la réaction de bien des puissances occidentales sur le déclin, déjà dépassées et qui craignent par dessus tout les « dépassements » à venir. 

Sous nos Cieux qui peinent à amalgamer les nuages bienfaiteurs qui pourraient libérer, le temps de quelques ondées, les énergies qui ne demandent qu’à s’exprimer, la sécheresse domine. Toutes ces « joutes » ne font pas, malheureusement pour nous, notre quotidienneté. Pourtant, il y a de quoi craindre le pire. Lorsqu’on n’est plus capable de réaliser des opérations de calcul sans recours au smartphone, c’est qu’il y a un grave problème d’éducation qui se profile. Et ce qui vaut pour les opérations algébriques  vaut aussi pour le reste du savoir : grammaire, conjugaison, dissertations… Tout se fait à grand renfort de « high tech », où plutôt de la face cachée la plus hideuse de cette technologie devenue prolongement de l’homme. Faut-il s’étonner si le « copier-coller » fasse des ravages dans nos écoles et campus ? 

Mais il y a plus grave. 

Lorsque par devers nous, on nous a forcé la main pour que le Marocain moyen rivalise avec ses semblables d’ailleurs en intégrant par la grande porte le grand club de l’espèce vivante du moment : l’homo bavette. Jusqu’à quand doit-on évoluer masqués lorsque le virus mortel fait des ravages parmi nous, les derniers bilans attestent du degré de sa létalité, lorsqu’on sait que la Covid-19 reste collée à la peau 9 heures durant, si on fait l’économie du savonnage, et que sa portée est de deux mètres lorsqu’on fait un brin de causette… Voilà que l’homo bavette commence à rivaliser avec les espèces de serpents cracheurs qui meublent la terre. Un Khalid Aït Taleb, pourra-t-il, doctement ou non, éclairer notre lanterne ? Pas si sûr au regard du cafouillage dans lequel est plongé le ministère de la Santé. 

De ce genre de questions, nos « élites » s’éclipsent volontairement où non. Et lorsqu’une voix a osé dire tout haut ce que des scientifiques soutiennent à gorges déployées ailleurs, on a rué dans les brancards en la taxant de verser dans « la théorie du complot ». 

Peut-on imaginer l’ombre d’une seconde une Nabila Mounib dans les jupes d’une complotiste ? Ceux qui sont vite montés au créneau pour dénoncer « les dérives » de cette politique dont le positionnement sur l’échiquier dérange peuvent-ils nous renseigner sur ce qui se déroule en Europe où un procès du siècle est en cours d’instruction contre les décideurs politiques qui ont plongé la planète dans le chaos covidien? Là, motus et bouche cousue de la part des médias qui ont été prompts à écharper le PSU et sa leader. Sans quoi, il y a risque de perdre de son « crédit » mainstream. Autant convenir qu’avec l’homo bavette, vaut mieux la fermer et raser les murs. 

Sous d’autres cieux, d’autres mœurs. Et comment en serait-il autrement, est-on tenté de dire ? 

La Covid 19, ce coronavirus qui a atteint le coeur même de la présidentielle US, a chamboulé l’ordre ambiant dans lequel l’espèce humaine baigne. Avec un Donald Trump qui, au sortir de sa cure anti-covid stéroïdienne, a failli faire voyager la Planète dans le temps, se ravisant à la dernière minute de porter la tenue victorieuse de « Superman », il faut croire que le monde l’a échappé belle. Car il aurait forcé géopoliticiens, faiseurs d’opinion et rivaux, à refaire leurs classes à grand renfort de Cartoons. Heureusement que même du côté de Gotham City, là où le Jocker brandit une méchanceté gratuite que seul Batman s’avère capable de contenir, bien des voix raisonnables restent audibles au-delà du tumulte attendu au lendemain d’une présidentielle US qui restera dans les annales. Avec un locataire du bureau ovale qui persifle les scientifiques, il ne faut s’attendre à rien de bon de la part d’un scientiste qui s’érige en grand maître des horloges. 

L’Oncle Sam ne cesse de répandre de son arrogance quitte à froisser ses alliés et à vouloir étouffer, au propre comme au figuré, ses ennemis. Pathétique est celui qui en personnifie aujourd’hui le pouvoir lorsqu’il déclare, avec désinvolture, que désormais, il n’y a plus rien à sanctionner en Russie. L’effort, on l’imagine aisément, sera focalisé sur la Chine de laquelle, et c’est ce que soutient mordicus le milliardaire Président, le Sars 2 est parti. Alors que des preuves, vite étouffées, on dévoilé que le nouveau coronavirus était présent dans les eaux usées analysées dans plusieurs pays européens bien avant que la pandémie ne soit déclarée par l’OMS. Mais que voulez-vous lorsque le temps, une notion bien abstraite, est rythmé encore par la puissance US.

La guerre économique ne fait donc que commencer. Et lorsqu’il s’agit de rançonner, le Président perruqué ne fait pas dans la dentelle. A-t-on souvenance des « grandes manières » déployées à la Maison Blanche lorsqu’il servira le laïus des « Pinut’s » à son hôte saoudien ? Pas besoin d’être Clerc pour se convaincre de la teneur du discours nourri à l’endroit de tous ses hôtes des pétromonarchies qui se pressaient au portillon de peur de perdre leur pouvoir. La protection US a un prix. Et rien d’étonnant à ce que toutes les nations qui rechignent à jouer aux caniches soient déclarées « rogues states ». La Palestine, terre promise à laquelle rêvassent tous les évangélistes qui font le lit de l’électorat américain pro-Trump (on assure que ces templiers du troisième millénaire compteraint 80 millions d’âmes errantes), est gommée au profit de l’entité sioniste. Celle vers laquelle accourent tous les régimes arabes qui ont quelque chose à se reprocher ; c’est-à-dire leur résilience largement érodée… 

Que ne verra-t-on encore de la part du chef de l’Empire qui, il faut au moins lui reconnaître cette qualité-là, ne s’embarrasse pas de scrupules pour se faire mousser et tirer la couverture vers la puissance de l’État profond qu’il sert urbi et orbi. Peut-être donnera-t-il plus de crédit à la thèse qui circule quant à une « guerre civile » qui ravagerait les USA. Les clivages politiques sont devenus si forts que les « marges » perdues dans le plus grand râtelier à ciel ouvert au monde risquent de faire parler la poudre. 

La main sur le coeur, il y a de quoi épiloguer encore sur l’homo bavette. A suivre donc !

PS : Le ciel a tonné au Maroc. Sauf que la pluie attendue n’était pas au rendez-vous, le maire de Fès, capitale spirituelle du Royaume, ayant perdu ses esprits au Parlement, – (où il siège en tant que parlementaire cumulard)-, s’est lancé dans un torrent d’insultes à l’endroit des « populistes » et autres « influenceurs » qui ne demandent pas plus que de revoir de fond en comble le système de ruissellement de la richesse dans le pays. Un système qui fait honneur aux cumulards qui refusent d’assumer leurs tâches « biliki », le mandant devant huiler la machine du mandataire ad vitam aeternam. Sans bavette, on voyait la bave du prédateur politique qui éructa son fiel depuis l’enceinte du Parlement. 

Le PJD en a pris pour son grade puisque Driss El Azami El Idrissi avait aussi été ministre sous le gouvernement de l’illustre Abdelilah Benkirane qui a été le premier à faire étalage du « dib chkhi ». 

Si « bel acquis » il y a eu, c’est bien la levée de boucliers à laquelle on assiste depuis que le maire islamiste de Fès a choisi de contribuer, à sa manière, au débat engagé sur la mise en bière de la retraite des parlementaires. Les Pjdistes qui déconsidèrent le peuple, en l’assimilant à un simple troupeau de moutons justes bons à tondre, ont raté l’occasion de se taire. Jamais les loups ne sortent de la bergerie sans dégâts. Alors, notre « dib » n’est « chkhi », c’est-à-dire large, qu’avec sa meute. Et dieu reconnaître les Siens… 

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