Libre opinion : Les législatives sans sondages

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  • L’opinion publique livrée aux vautours
L’étude de l’opinion publique peut s’avérer comme un outil scientifique combinant des « statistiques du politique ». Elle n’est ni de droite, ni de gauche, ni bonne, ni mauvaise. C’est un outil fantastique pour comprendre les tendances du marché électoral. Les sondages politiques sont devenus un outil incontournable du paysage politique dans le monde sauf pour le ministère de l’intérieur qui, dans un gouvernement majoritaire sous la responsable du chef de gouvernement PJD, vient de les interdire). Leur fondement est incontestable, mais leurs marges d’erreurs et de redressement restent floues, nécessitent de la transparence scientifique.
Gouverner, c’est prévoir avec les statistiques, avec les budgets des familles, avec la pression des impôts et avec l’opinion publique. Les méthodes statistiques sont non seulement un outil indispensable pour mesurer le présent, mais aussi pour prévoir les scénarii du futur à partir d’indices dans le passé. Mais les chiffres sont têtus, souvent mal vus quand ils démentent la réalité, et alimentent la surenchère sur les projets sociaux des Partis politiques. Les statistiques comme disait un humoristes anglais « c’est comme des mini-jupes qui cachent l’essentiel ».
C’est avec les statistiques et les mathématiques que l’on fait le ‘’construit’’ des logiciels qui permettront de gérer régions, villes, bâtiments, parkings intelligents, transports intelligents, mobilité intelligente de la population, l’éducation scolaire et universitaire intelligente, politiques publiques intelligentes etc.., Les stats et les Maths qui ne sont ni de droite, ni de gauche, ne permettent ni de prévoir des crises, ni des catastrophes naturelles et météorologiques.
Il est évident qu’une théorie ‘’sur les sondages de l’opinion publique’’ permet à la fois, le meilleur comme le pire, elle se retrouve hors de contrôle de ceux qui l’ont construite. On se souvient de
la façon dont certains leaders politiques s’en sont pris aux statisticiens lors de crise bancaire de la bulle financière, hors de l’économie réelle, leur reprochant d’avoir fondé de théories qui ont permis aux traders de déstabiliser tout le système financier mondial. La critique politique fut un peu courte… Souvenons nous lorsque P. Bourdieu (Collège de France) avait soutenu dans la revue des ‘’Temps modernes’’ (1973, N°318), sous un titre provocateur pour attirer l’attention des hommes politiques en France « que l’opinion politique n’existe pas ».. Tout en rassurant les inquiets d’entre eux qui s’accrochent à leurs acquis en tournant en boucle ce qui les rassure : ‘’l’opinion publique est avec nous’’ au sens sociologique du terme. Soulignant que les partis politiques, favorisés par les sondages des échantillons qui ‘’désignent ceux qui vont être élus’’, le souci étant de légitimer le programme d’un Parti Politique et de renforcer les rapports de force qui le fondent.
50 ans plus tard, au Maroc, la réaction de l’Intérieur nous interpelle. Si ‘’l’opinion n’existe pas’’ au sens scientifique (P. Bordieu), pourquoi, le ministère de l’Intérieur a pris une décision par décret d’interdire les ‘’sondages politiques de l’opinion politique’’? La raison est probablement que l’Intérieur n’est pas le passage de la société de l’ordre théocratique-théologique vers un nouvel ordre politique de la théorie des probabilités exploitant les résultats puissants du hasard et les lois universelles, selon le théoriciens Laplace du XVIIIè.
Cette interdiction prend-elle en charge le risque en période de crise économique et politique ? Car l’opinion publique marocaine est relativement influençable politiquement par des groupes de pression, notamment par les notables financiers et les nobliaux politiques à la fois bas de gamme et de bas niveau scolaire qui ne construisent ni une image positive pour les relations internationales, ni traduisent la représentation mentale d’un modèle de leaders pour les citoyens intellectuels. L’étude du Maroc profond constitue-t-elle une source d’inquiétude pour les gouvernants qui préfèrent enfouir la poussière sous le tapis et voir ailleurs.
Pourtant, les sondage sont incapables d’engendrer les moindres prévisions raisonnables sur ce qui se passerait en situation de crise économique. Selon les classes sociales intellectuelles, la culture politique et les compétences des leaders des partis politiques, les questions et les réponses politiques des sondages ne sont pas appréhendées de la même façon avec les risques de lectures religieuses des visions de la mondialisation, du terrorisme, de sociétés de savoirs, de sociétés numériques etc… Les compétences politiques se mesurent au degré de finesse de perception. On écoute de la même façon, mais on ne lit pas de la même façon, on voit de la même façon, mais l’on comprend différemment selon le background de chacun.
Le ministère de l’Intérieur a probablement compris que la vérité scientifique est soumise aux mêmes lois de diffusion que l’idéologie comme disait Pasteur : ‘’si une idée prophétique, angélique et géniale tombe des cieux sur un territoire, il faut que le terreau soit préparé pour accueillir scientifiquement l’idée’’, sinon l’idée est biodégradable. Or le monde politique, est un monde des découvertes et des projets (des acquis). Il n’a rien à découvrir dans les sociétés futures avec les religions. La société est encore mineure, faut-il la protéger par une ‘’démocratie sans méritocratie’’ ?
L’interdiction des sondages de l’opinion publique prive non seulement la société de l’esprit critique, mais aussi tend à promouvoir la médiocrité des leaders politiques du ‘’type passable avec l’indulgence de l’Etat’’. Incapables qu’ils sont de faire des vagues dans une société médiocre avec un SMIG culturel et encore moins de réfléchir à un projet de société de type entrepreneurial. Le mieux pour les leaders politiques élus, c’est de maintenir le statu quo sans chercher ni à donner un programme politique, encore moins un nouveau modèle de société de type laïc par exemple. Les hommes de la démocrature sont adaptés pour des partis sans gouvernail et sans gouvernance pour la société, non pas permissive et libre, mais une société de pression sociale avec un nouveau type de management totalitaire pour société théocratique.
Dans ce cas de figure, il n’y a que les leaders médiocres et incompétents qui, sans aucune réserve d’usage ou de critique, qui conviennent à ce type de société de combines et de méfiance. On n’est pas face à des leaders gestionnaires et visionnaires, mais à comptables à courte vue du type vautours qui ne mangent que les restes. Déplorable !

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