Liquidation de la Samir

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Un syndicaliste foudroyé par une crise cardiaque et l’USFP monte au créneau

Samir connaît désormais sa date de la fin d’exploitation. Le très attendu jugement du tribunal de commerce de Casablanca, mis en délibéré lundi dernier, vient de se prononcer lors de l’audience du 21 mars pour la liquidation judiciaire. Néanmoins, le tribunal a autorisé la continuation d’exploitation pendant les trois prochains mois. Et ce, jusqu’au 20 juin 2016. Ceci dit, la Samir dispose toujours de 10 jours pour faire appel.
Quoiqu’on en dise, la sentence du juge a eu un effet retentissant sur les employés du raffineur au point qu’une crise cardiaque a fait vaciller un membre du bureau syndical unifié de la CDT. Zakaria Aâtoubi, a succombé à l’attaque après une discussion avec quelques collègues de la décision du tribunal, indique un communiqué du Syndicat du pétrole et du gaz attaché à la CDT. Le même communiqué pointe du doigt « la relation de causalité existante entre le décès de leur collègue et le feuilleton de l’horreur que vit Samir depuis l’arrêt du raffinage. »
Pour El Houssine El Yamani, secrétaire général du syndicat du gaz et du pétrole, il s’agit d’une « très grave catastrophe que ce soit pour l’économie du pays qui ne disposera désormais plus d’une raffinerie nationale ou pour les familles des travailleurs directs ou indirects qui se comptent par milliers. C’est la meilleure récompense pour les travailleurs de Samir qui ont servi l’économie nationale pendant plus de 50 ans ». Même avec pareil jugement, les salariés ne comptent pas baisser les bras. Ils envisagent de continuer les mêmes actions entreprises depuis pratiquement 8 mois pour la préservation de leurs droits. « Durant les trois mois de « sursis » nous comptons camper dans la rue et militer pour la préservation des droits des travailleurs et nous allons porter plainte contre les responsables de cette débâcle ». Dans ce sillage, le premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar, vient de désigner un groupe d’avocat Ittihadis pour les mettre à la disposition des travailleurs pour les soutenir dans la plainte qu’ils comptent porter.
Par ailleurs, fidèle à lui-même, H. El Yamani qui n’a cessé de mettre l’accent sur la responsabilité de l’Etat appelle à ce qu’il réagisse. « Si l’Etat a un problème avec l’actionnaire principal qui s’est adonné au jeu du chantage en sabotant la raffinerie, la mettant en ruine et à travers elle toute l’économie nationale, nous refusons d’être la victime de ce feuilleton ». Sur le comment de cette intervention, le syndicaliste estime que l’Etat dispose de moyens et sait très bien comment faire pour sauver la mise. Du Côté de l’Etat, il est à noter que le ministre de l’Energie et des mines, Abdelkader Amara, convoqué par le groupe USFP à la Chambre des représentants pour comparaître devant la Commission chargée du suivi du dossier Samir, avait déclaré à un quotidien de la place que « les employés auront leurs droits dans tous les cas de figure ! ». N’écartant pas la possibilité de dégâts collatéraux, le ministre affirme, en revanche, que « l’industrie du raffinage restera au Maroc puisqu’il s’agit d’une industrie à part entière ».
Il y a lieu de noter, dans ce sens, que la liquidation judiciaire du raffineur permettra son rachat sans prise en compte du passif financier, ce qui laisse la porte ouverte au capital national de sauver un fleuron national et ses emplois. Notons, également, que l’autorisation de la continuation, qui tire ses référents dans l’article 620 du code de commerce qui vise la préservation de « l’intérêt général ou l’intérêt des créanciers !», laisse la possibilité au Saoudiens de trouver un repreneur.

 

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