L’offensive africaine contre le «racisme systémique» tourne court face aux pressions US

Un débat sur l’établissement d’une commission d’enquête internationale indépendante sur le «racisme systémique» aux Etats-Unis a été réclamé par l’ambassadeur du Burkina Faso aux Nations unies au nom des 54 pays d’Afrique représentés à l’ONU. Mais c’était sans compter sur l’attitude des USA dont le représentant a joué la carte de la chaise vide. Cela sans parler des pressions exercées sur les pays africains par une administration US peu scrupuleuse des moyens à mettre en branle pour sauver ses «intérêts propres». 

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L’offensive africaine contre le «racisme systémique» tourne court face aux pressions US

Les 54 Etats africains représentés à l’ONU ont fait campagne pour que le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies lance une enquête sur le «racisme systémique» et la violence policière aux Etats-Unis et dans d’autres pays, selon un projet de résolution consulté le 16 juin par l’AFP. Le texte circule parmi les diplomates pour consultations avant un débat urgent sur le sujet au Conseil des droits de l’Homme, basé à Genève, le 17 juin. 

Le débat a été engagé dans le contexte des manifestations monstres qui secouent les Etats-Unis depuis la mort, le 25 mai à Minneapolis, de George Floyd, un quadragénaire noir asphyxié par un policier blanc. Dans le projet de résolution, le groupe de pays africains condamne fermement «les pratiques raciales discriminatoires et violentes des forces de l’ordre contre les Africains et les personnes d’origine africaine et le racisme endémique structurel du système pénal, aux Etats-Unis et dans d’autres parties du monde». Ils demandent l’établissement d’une commission d’enquête internationale indépendante, une structure de haut niveau réservée aux crises mondiales majeures. Son but serait «de traduire en justice les auteurs» de violences. 

Les enquêteurs devraient aussi examiner «les réponses des gouvernements au niveau fédéral, au niveau des Etats et au niveau local aux manifestations pacifiques, y compris l’usage présumé d’une force excessive contre les manifestants, les passants et les journalistes»

Le projet de résolution devait subir les fourches caudines de l’adoption. Et quand bien même il le serait, les conclusions de cette commission ne devraient être rendues que d’ici un an.  

Un débat sur le sujet a été convoqué d’urgence le 17 juin, sur demande de l’ambassadeur du Burkina Faso aux Nations unies, au nom des 54 pays d’Afrique. Mais entre-temps, le rouleau compresseur US s’est ébranlé pour vider le projet de sa substance. Des pressions ont été exrcées sur nombre de pays pour qu’ils se contentent d’un texte largement édulcoré, voire vide de substance. Dans les couloirs des Nations Unies, on évoquait même le chantage exercé par la diplomatie US pour influer sur le cours des événements. Triste pour une instance qui en principe doit faire preuve d’une plus grande éthique… 

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