L’ONU dénonce l’apartheid israélien: Pression américano-israélienne sur Guterres

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Publié à Beyrouth par la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (Cesao, Escwa), le nouveau rapport de l’ONU a conclu qu’Israël a établi un « régime d’apartheid de discrimination raciale pour dominer le peuple palestinien dans son ensemble », balayant ainsi d’un revers de la main l’espoir d’une solution de deux États. Rédigé par Richard Falk et Virginia Tilley, le rapport controversé indique qu’il a été établi sur la base d’une « enquête savante et des preuves écrasantes ».
Il souligne explicitement la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions menée par les Palestiniens pour mettre fin à « l’apartheid israélien » et soutenir une paix juste. L’appui au boycott, aux sanctions économiques et à d’autres initiatives vient à un moment où Israël tente désespérément de criminaliser et de supprimer le soutien international aux droits des Palestiniens.
Pour Rima Khalaf, secrétaire exécutive de la Cesao, ce rapport est jugé «le premier en son genre» d’un organe des Nations unies qui « conclut clairement et franchement qu’Israël est un État raciste qui a établi un système d’apartheid persécutant le peuple palestinien». De quoi s’attirer les foudres des Américains, principal soutien d’Israël. La représentante permanente des États-Unis auprès des Nations unies, Nikki Haley, a affirmé que « les États-Unis sont scandalisés par le rapport ». Plus, Stéphane Dujarric, porte-parole de l’ONU, n’a rien trouvé de mieux que d’indiquer que « le rapport et ses positions ne reflètent pas les vues du secrétaire général de l’ONU», Antonio Guterres.
Le gouvernement israélien a violemment condamné le rapport dans un communiqué.
«La tentative de falsifier la seule véritable démocratie au Moyen-Orient en créant une fausse analogie est méprisable, et constitue un mensonge flagrant. Nous appelons le secrétaire général à dissocier l’ONU de ce rapport partial, biaisé et trompeur» a indiqué le représentant d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon.
Richard Falk n’a pas un parcours ordinaire. Professeur américain de droit international à l’Université de Princeton, auteur et coauteur d’une vingtaine d’ouvrages, conférencier et militant dans les affaires mondiales, l’auteur du document, qui est juif, a été nommé à deux postes aux Nations unies, liés aux territoires occupés palestiniens. Il a aussi été nommé rapporteur spécial des Nations unies sur « la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 ». En 2014, Falk a déclaré dans les territoires palestiniens occupés « que la politique israélienne comportait des caractéristiques inacceptables de colonialisme, d’apartheid et de nettoyage ethnique ». Ce rapport a été co-rédigé par Virginia Tilley, professeur de sciences politiques à l’Université Southern Illinois.

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