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Lorsque la diplomatie s’échine à essuyer le plâtre des partis politiques : Rabat a intérêt à disposer d’un Conseil national de sécurité

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La diplomatie marocaine est si entreprenante ces derniers mois qu’elle n’a pas manqué de déborder aussi sur la scène nationale. Deux fois de suite, des leaders de partis politiques ont été « sévèrement recadrés », selon la formulation de presse consacrée, par le ministère en charge des Affaires étrangères et de la coopération (MAEC). Et sur deux sujets différents. Le premier « recadrage », souvenons-nous, a visé le leader du PJD qui se trouve être aussi le chef de gouvernement désigné, à propos du dossier syrien et de l’implication russe dans la reprise d’Alep, ville martyrisée par des années de guerre larvée. Abdelilah Benkirane ayant succombé aux sirènes du pacifisme tout en jetant son dévolu sur l’armée russe qui épaule les forces syriennes pour déloger les groupes armés, inféodés, dans leur majorité, à Ahrar Al-Cham, ex-Al Nosra, bras armé de la nébuleuse terroriste Al-Qaida. Pourtant, pour la reprise des quartiers Est d’Alep, les bombardiers russes, affirme le Kremlin, n’avaient pas ordre d’intervenir. Sans chercher les motivations idéologiques qui motivèrent la réaction d’A. Benkirane, le fait est que le leader du PJD a oublié qu’entre Rabat et Moscou, un accord stratégique a été conclu à l’occasion d’une rencontre au sommet entre le Roi Mohammed VI et le Président Poutine. On comprend dès lors le courroux exprimé par la diplomatie russe à la suite du dérapage du patron du PJD qui plus est pressenti pour conduire la coalition gouvernementale en gestation. Et le sévère recadrage qui s’en est suivi.
Mais qui aurait cru que quelques semaines plus tard, la diplomatie marocaine a été une nouvelle fois mobilisée pour éteindre le feu qui menaçait de ruiner les relations déjà tendues entre Rabat et Nouakchott. En vedette, on retrouve une fois encore un leader d’une formation politique historique qui n’a pas trouvé mieux que de rappeler que la souveraineté marocaine court de Tanger à Saint-Louis. S’attirant l’ire de la diplomatie marocaine, Abdelhamid Chabat a été « sévèrement recardé », à son tour. Et les dégâts auraient été autres au niveau de la Mauritanie n’eut été la réaction royale qui s’est manifestée via un entretien téléphonique des plus rassurants auquel s’est greffé une mission de messi dominici confiée, pour la circonstance, à… Abdelilah Benkirane. Chef de gouvernement désigné qui s’accroche au parti de l’Istiqlal pour faire partie d’un l’Exécutif dont la constitution est en proie à de dures tractations. La formation que dirige le populiste Chabat n’étant pas du goût du RNI ni du MP dont les leaders ont été récemment reçus par A. Benkirane.
Deux questions se posent dès lors pour l’occasion. Les formations politiques marocaines disposent-t-elles d’une quelconque autonomie qui permettrait à leurs leaders de tenir des propos qui s’inscrivent en faux par rapport aux orientations diplomatiques du Royaume ? Où s’agit-il, pour le cas d’espèce, d’un « domaine réservé », toute diplomatie parallèle devant s’inscrire dans le continuum des orientations générales ?
Pour répondre à ces questions et éviter tout quiproquo dans le futur, proche ou lointain, il est évident que le pays gagnerait à disposer d’un Conseil national de sécurité à même d’établir des « Livres Blancs » susceptibles d’apporter les éclairages nécessaires sur toutes les questions stratégiques dans lesquelles le Royaume est impliqué. Cela permettra de définir pour les uns et les autres « les lignes rouges » à ne pas franchir sans tomber sous le coup de la loi. Et facilitera grandement le déploiement de la diplomatie parallèle, capitale à l’heure où le Maroc est entrain de jouer son « va-tout » pour tourner la page d’un conflit factice nourri autour de la question saharienne.
La balle est dans le camp de l’Etat. Bien évidemment. Sauf qu’il n’est pas question de disculper non plus les formations politiques qui restent pauvres en Think-Tanks capables de phosphorer sur les questions de l’heure et de vulgariser les tenants et aboutissants des questions géopolitiques, géoéconomiques et géostratégiques… Chaque chapelle croyant disposer de la science infuse alors que le QI de ses ténors frôle le zéro.
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