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L’UMT appelle au vote sanction du gouvernement Que feront les sympathisants du PPS ?

Depuis sa création, il y a plus de 65 ans, l’UMT s’est donnée pour principe de rester à égale distance vis-à-vis de tous les partis et les acteurs politiques. Un principe que seul le gouvernement sortant a pu chambarder ! Pourquoi dès lors ce changement et quelles seraient ses conséquences sur les prochaines législatives en particulier sur le PPS « allié » de la centrale et fortement présent dans ses organes de décision (secrétariat et bureau national) ?
Réunis mercredi, le Conseil national et les différentes organisations affiliées à l’UMT ont décidé d’appeler au vote-sanction contre le gouvernement et ses composantes responsables de l’échec du dialogue social et de la dégradation des conditions de vie des travailleurs. Un fait inédit dans l’histoire de ce syndicat qui s’est toujours interdit toutes interférence politique. Qu’est-ce qui a donc poussé ce « partenaire raisonnable » de Benkirane et « allié indéfectible » du PPS à appeler ses affiliés à « voter massivement contre les composantes de la majorité » ? La réponse résulte, selon un communiqué rendu public par la centrale ce jeudi, dans les décisions prises par le gouvernement sortant qui « ont fait échouer le dialogue social » et « fait passer les lois sur les retraites, qui veulent faire passer la loi organique sur la grève… ». Ce que la plus ancienne centrale syndicale considère comme une « offensive » du gouvernement contre la classe ouvrière. Cet appel au boycott du vote pour le gouvernement était attendu depuis des mois déjà. A rappeler, dans ce sens, que la centrale qui n’a pas digéré la « manière unilatérale et en totale contradiction avec les dispositions de la nouvelle Constitution » avec laquelle le gouvernement a fait passer les lois relatives à la retraite, au Code de la mutualité et du décret régissant le travail en CDD dans l’Administration, avait prévenu en compagnie de la CDT et de la FDT et de l’UGTM qu’elles appelleraient leurs adhérents à n’accorder aucune voix au gouvernement. Outre ces raisons en liaison avec le dialogue social, l’UMT dénonce également, selon le même communiqué, la situation économique désastreuse du pays, l’effritement continu du pouvoir d’achat des citoyens du, essentiellement, à la politique gouvernementale de décompensation, à la libéralisation de certains secteurs et à l’augmentation de la pression fiscale.
En substance, l’UMT résume sa logique sous le thème « Indépendance de l’UMT, pas de neutralité dans l’intérêt des travailleurs », en soulignant qu’il « est donc sorti de sa neutralité traditionnelle à l’égard de la politique ». « Nous soutenons ceux qui nous soutiennent et nous combattons ceux qui nous combattent », peut-on lire sur le communiqué. Qui aurait prédit que la confrontation avec le gouvernement Benkirane allait pousser ce vieux syndicat à mettre de côté un de ses principes fondateurs voire à changer de paradigme ?!
Ce tournant marqué dans l’histoire syndical ne manquera pas d’impacter le scrutin du 7 octobre. Avec la tension sociale qui a régné durant les 5 dernières années et toutes ses implications sur les classes laborieuses, il n’y a aucun doute que l’appel de l’UMT (mais aussi de la CDT quoique indirect) trouvera certainement preneur chez cette classe qui demeure un des principaux réservoirs de voix pour le PJD. En parallèle, il est attendu qu’il ait aussi une forte incidence sur l’autre allié du PJD, le PPS qui jusqu’à publication de ce communiqué était un allié « indéfectible de l’UMT ». Ce dernier compte de nombreux militants et militantes du PPS au sein de sa structure que ce soit dans le secrétariat ou au bureau national. Un autre coup dur pour le parti de Nabil Benabdellah.

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