M. Abbas invité par D. Trump: L’Autorité palestinienne face à la défiance populaire

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Invité à se rendre à Washington pour rencontrer le noueau locataire de la Maison Blanche pour une hypothétique relance des négociations de paix entre Israélienes et Palestiniens, Mahmoud Abbas passe par une mauvaise passe. En Cisjordanie, les manifestations contre l’Autorité palestinienne se multiplient depuis l’exécution d’un jeune Palestinien par l’armée israélienne en plein cœur de Ramallah. Bassel al-Aaraj, militant antisioniste embastillé quelques mois durant par les forces de sécurité palestiniennes, était recherché par les Israéliens qui le soupçonnaient de préparer un attentat. Les manifestants dénoncent la coopération sécuritaire qui lie l’Autorité palestinienne à Israël tout en dénonçant le virage autoritaire pris par les dirigeants palestiniens. Plus, ils ont scandé la mort clinique du processus d’Oslo qui avait instauré cette coopération qui ne profite qu’à l’entité sioniste qui a accordé à sa soldatesque le permis de tuer les Palestiniens au moindre soupçon. Voilà qui consacre le shisme qui sépare désormais l’Autorité de Ramallah des citoyens palestiniens livrés à eux-mêmes, points et points liés face aux forces armées israéliennes. Cette réalité n’est pas ignorée par le successeur d’Arafat à la tête de la Moqataa. Pourtant, Mahmoud Abbas avait annoncé que la coordination sécuritaire avec Israël allait se poursuivre même s’il avait lui même brandi la menace de mettre fin à la coopération entre les policiers palestiniens et l’armée israélienne en Cisjordanie. Le président de l’Autorité palestinienne a réaffirmé son opposition à la violence alors que depuis début octobre les attaques menées par des Palestiniens sont quasi quotidiennes.
«Quiconque veut agir contre la sécurité en utilisant des explosifs, des armes ou en créant une cellule terroriste sera arrêté. Peu importe où il comptait aller. Les mesures de sécurité sont prises selon mes ordres. C’est très clair», a martelé Mahmoud Abbas.
L’arrêt de cette coopération entre les forces israéliennes et palestiniennes avait pourtant été voté par le comité central de l’OLP, l’Organisation de libération de la Palestine. Mais pour Majed Bamya, diplomate au sein du ministère palestinien des Affaires étrangères, la poursuite de la coordination sécuritaire est le seul moyen d’éviter un bain de sang. Il en appelle à la communauté internationale : «Si demain nos forces de sécurité à nous commençaient à faire leur travail qui est d’assurer la sécurité des Palestiniens, quelle serait la réaction internationale si on se retrouve à tirer sur les forces d’occupation, sur les colons israéliens qui viennent attaquer notre population ? Ça ne serait pas une très bonne réaction. Donc, que le monde offre une alternative.»
Selon le chef des services secrets palestiniens, depuis le début du mois d’octobre, la police palestinienne a empêché près de 200 attaques de Palestiniens contre des cibles israéliennes. «Une trahison », selon le Hamas qui vient d’élire à sa tête un inconditionnel de la lutte contre l’occupant sioniste qui avait séjourné des années durant dans les geôles israéliennes. En tout cas, le FPLP n’a pas hésité, de son côté, à fustiger l’attitude de l’Autorité palestinienne et, en signe de protestation, à boycotter les élections locales prévues en mai. Une réaction qui pourrait faire tâche d’huile.

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