M. Rajoy rempile en Espagne : Une mission difficile

Pas moins de 170 députés ont approuvé le retour de Mariano Rajoy à la tête du gouvernement, 111 ont voté contre, et 68 se sont abstenus.
Avec cette courte victoire, dix mois après sa pire défaite depuis 1993, la formation de Mariano Rajoy a réussi tant bien que mal à remonter la pente. Miné par les affaires de corruption et usé par la crise économique que traverse l’Espagne, le Premier ministre a également été déstabilisé par le bouleversement de l’échiquier politique national. L’apparition du parti libéral Ciudadanos et de Podemos, issu de la gauche radicale, avait plongé le pays dans l’incertitude. Mais le PP s’est finalement reconstruit sur l’incapacité de ce nouveau bloc de gauche, qui inclut le PSOE et Podemos, à former un gouvernement alternatif. Un véritable coup de théâtre qui leur a permis d’éviter un troisième scrutin, qui leur aurait probablement été fatal, et qui aurait prolongé les incertitudes liées à la gouvernance de l’Espagne.
Les députés espagnols ont mis un terme, samedi soir, à dix mois de blocage politique en votant la confiance au conservateur Mariano Rajoy, qui garde finalement le pouvoir grâce aux divisions de ses adversaires. Pourtant, Mariano Rajoy, 61 ans, au pouvoir depuis 2011, partait de loin : il y a dix mois, deux nouveaux partis faisaient leur entrée au Congrès, le libéral Ciudadanos et Podemos, de gauche radicale, allié du grec Syriza, incarnant l’espoir de milliers de jeunes Espagnols décider à renouveler la politique. Sa formation, incarnant pour certains la « vieille politique » enregistrait son pire score depuis 1993.
Désormais, Mariano Rajoy, le vent en poupe, était assuré d’avoir les voix de son parti (137) et celles de Ciudadanos (32), et aussi de bénéficier de la nécessaire abstention d’une partie des 85 élus socialistes, décidée par la direction intérimaire du parti. La législature de quatre ans qui l’attend ne sera cependant pas simple avec seulement 137 députés alliés.
La tâche sera d’autant plus difficile qu’il doit commencer par procéder en 2017 à 5,5 milliards d’économies pour réduire le déficit public promis à Bruxelles. Une rigueur qui sera contestée à gauche, car si la croissance pourrait dépasser 3% en 2016, le taux de chômage reste à 18,9%.
Mais la droite n’est pas démunie : le chef du gouvernement disposera de l’arme de la dissolution du parlement en cas de blocage que les socialistes chercheront à éviter à tout prix, ayant besoin de se « reconstruire » avant tout nouveau scrutin, note Pablo Simon. Le gouvernement disposera aussi d’un garde-fou au Sénat, où la droite dispose d’une majorité absolue permettant de stopper toute réforme qui lui déplairait.
La gauche radicale a cependant promis d’être dans la « rue ». Les plus à gauche, dont l’allié de Podemos Izquierda Unida (écolo-communiste), ont déjà appelé à manifester samedi près du Congrès contre l’investiture « illégitime », produit selon eux d’une alliance entre droite et socialistes de l’establishment « corrompu ».

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