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Les maires français face à la poussée communautariste

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Des « frères » et du halal…

Depuis des années, face à la crise économique et réagissant aux tragiques soubresauts de l’actualité au Moyen Orient, la France est confrontée à la poussée des communautarismes. La réponse sécuritaire, certes indispensable, ne suffit pas à elle seul à endiguer cette déferlante sur bon nombre de banlieues des cités de l’hexagone.
Les maires, premiers magistrats des villes, sont en première ligne et assistent, souvent impuissants, à la transformation qui met à mal le liant national dans les territoires dont ils ont la charge
Un article paru dans le Figaro met la lumière sur cette inextricable situation à Sevran, ville de la banlieue parisienne ou l’immigration comme le chômage enregistrent des chiffres records (Mais cette description n’est pas l’exclusive de Sevran puisqu’elle elle est en passe de se généraliser en Province. A titre d’exemple, certains quartiers de Clermont Ferrand, bastion de Michelin, en témoignent même si l’acuité n’est pas la même. Dans ce cas précis, Auchan sis dans les quartiers Nord de l’agglomération se maintient en réduisant les rayons de charcuterie et autres spiritueux pour les remplacer par des produits « adaptés » à cette clientèle : l’argent n’a pas d’odeur). Dans cette ville décrite par nos confrères comme un « véritable non sens urbanistique », la pression islamique est réelle. L’espace public et la population qui l’occupe désormais sont une triste réalité. Les fermetures successives des commerces traditionnels ont laissé place à d’autres plus communautaires : des épiceries, des boucheries halal et des librairies religieuses. Sous la bannière de “vêtements ethniques” un commerce de burqas et de niqabs propose des accoutrements aux femmes reléguées au second rôle. Les bistrots remplacés par des kebabs occupés par une clientèle désœuvrée exclusivement masculine ont pignon sur rue. Dans ces lieux qui servent parfois de lessiveuses d’argent sale, le trafic de drogue, le recel sont monnaie courante. Il suffit de voir l’alignement des berlines allemandes rutilantes pour se rendre compte du gouffre entre la misère ambiante et ce banditisme vampirisant.
Des mosquées, avec à leur tête des imams aux prêches radicaux, véhiculent des diatribes de haine et de division qui choquent même une partie des fidèles habitués à des discours d’apaisement et d’ouverture. Les chibanis sont pris à partie et traités de mécréants. Ces derniers se sont ouverts au Maire de ces déviances mais sans résultats. Ce dernier se défend d’avoir été laxiste et met en avant le fait qu’il l’a signalé à plusieurs reprises aux autorités compétentes…..sans succès !
Mais le fondamentalisme rampant ne se cantonne plus à l’envahissement de l’espace, il s’attaque à l’éducation avec l’ouverture d’une école musulmane où filles voilées et garçons sont séparés ! D’après l’opposition « Le maire a signé le bail quinze jours avant les municipales ! De quoi donner des gages à la communauté musulmane. Ce projet d’école confessionnelle de la maternelle au primaire n’est pas le premier en France. Sauf qu’il est porté par des « salafistes piétistes, plus rigoristes que la moyenne ». Le maire se défend de tout clientélisme est met en avant le fait que cette école « a vocation à passer sous contrat avec l’Éducation nationale plutôt que des cours semi-clandestins donnés dans des appartements ».
Il y’a là des similitudes qui ne trompent pas quant à la tactique bien rôdée des fondamentalistes en Egypte et ailleurs dans le monde arabo-musulman. Face à la faillite des Etats à donner une réponse à la misère des peuples, ces derniers les supplantent avec tous les dangers que cela peut engendrer à terme.
Le melting-pot tant vanté dans la France d’accueil disparaît pour laisser place à un « profil » qui en dit long sur la ségrégation spatiale, ethnique et sociologique dont pâtit une large partie de la couronne parisienne.

reportage

Sevran, ville sous pression islamiste
Six jeunes de cette ville de Seine-Saint-Denis, partis pour le djihad, seraient morts en Syrie. À Sevran, l?islam radical prospère sur le terreau du communautarisme et des revendications religieuses. Les parents de Quentin Roy, 23 ans, décédé en janvier, mettent en cause « l?immobilisme » du maire.
 

MARIE-AMÉLIE LOMBARD-LATUNE

Passé Le Bourget, les voies du RER B ressemblent à un dépotoir : cannettes de boissons, sacs en plastique, détritus en tout genre s?amoncellent le long du ballast. Plus tard, on interroge un représentant des pouvoirs publics. « Ah, oui, c?est dégueulasse ! Que voulez-vous, les notions de civisme se perdent et les moyens pour le nettoyage s?évaporent? » Passons sur cette décharge à ciel ouvert, voici Sevran, en Seine-Saint-Denis. Avec ses 50 000 habitants, ses 73 nationalités pour une population à 90 % d?origine étrangère, son taux de chômage à 17 %, elle figure parmi les cent communes les plus pauvres de France.
Mais un autre chiffre fait sursauter : cinq, peut-être six, jeunes Sevranais, partis faire le djihad, sont morts en Syrie et en Irak. Parmi eux, Quentin Roy, 23 ans. En janvier dernier, ses parents ont reçu un message laconique : « Votre fils est tombé en martyr dans le sentier de Dieu. » Plus tard, ils ont lu son « testament » griffonné sur une page de cahier, entrecoupé d?invocations à Allah. Le jeune homme, parti de France en septembre 2014, précisait d?abord léguer sa tablette Samsung à un ami, puis demandait de prévenir ses parents? Après les mots « Maman », « Papa » suivaient leurs numéros de téléphone en France.
Le temps du deuil impossible passé – pas de corps, pas de confirmation officielle du décès -, Véronique et Thierry Roy ont rédigé une longue « lettre ouverte au maire de Sevran ». Un « coup de gueule », comme ils l?écrivent eux-mêmes, où ils dénoncent pêle-mêle les « recruteurs-rabatteurs-endoctrineurs » qui expédient des jeunes en Syrie, une « mosquée » devenue un nid de salafistes radicaux et « l?immobilisme » supposé du maire de Sevran face à cette « montée de l?intégrisme ». L?édile, Stéphane Gatignon, ex-dauphin du député communiste François Asensi, passé chez les Verts, a récemment quitté EELV dans le sillage de Jean-Vincent Placé. Le couple Roy habite la commune depuis plus de vingt ans. Des « cathos de gauche », dit un de leurs amis. Elle est cadre à Paris. Lui, d?origine haïtienne, fait du démarchage pour des produits cosmétiques. Quentin a fréquenté l?école privée Sainte-Agnès, le lycée avant son bac S puis entamé des études pour devenir professeur d?éducation physique. Quand il s?est converti à l?islam, ses parents n?ont pas émis d?objection majeure, préférant essayer de comprendre ce « besoin d?ouverture sur le monde ». Le grand-père de Quentin, ancien officier de gendarmerie, a, lui, choisi de signaler aux autorités une radicalisation suspecte. Trop tard : en Syrie, Quentin, était déjà devenu « Abou Omar al-Faransi »?
La lettre ouverte de ses parents peut sembler maladroite et excessive. N?empêche, elle met l?accent sur une situation délétère. Un fin connaisseur de la Seine-Saint-Denis, qui a eu d?importantes responsabilités dans une commune voisine de Sevran, le dit, lui, posément : « Le vrai sujet, c?est la mise sous pression islamique des maires du 93. Elle commence par l?occupation de l?espace public. On voit fleurir des boucheries halal, des librairies religieuses et des kebabs. Dernièrement, c?était aussi une prétendue boutique de ?vêtements ethniques?. En fait, des burqas et des niqabs. Si les élus ne font rien, les populations ?du cru? finissent par partir. Et les religieux musulmans n?ont alors plus qu?à dire : ?Maintenant, il faut compter avec nous.? Trop de maires laissent faire de peur de s?aliéner un pseudo-vote musulman qui n?existe que dans leurs fantasmes. De renoncements successifs en petits arrangements, les islamistes finissent, eux aussi, par se sentir chez eux. »
La lettre ouverte des parents de Quentin Roy appuie là où ça fait mal. Elle déloge la poussière sous le tapis du compromis. Ainsi, dénoncent-ils le rôle joué dans la radicalisation de leur fils par un autre jeune Sevranais, Ilyes B. Quentin et lui étaient des amis d?enfance, joueurs de foot. Depuis quelque temps, ils fréquentaient assidûment une salle de prière privée, au pied d?une barre d?immeubles. À Sevran, on l?appelle la « mosquée Daech ». Dès l?hiver 2012-2013, des habitants, souvent eux-mêmes musulmans, alertés par la virulence des « prêches », avaient prévenu la mairie. Peine perdue.
L?année suivante, Ilyes, l?ex-premier de la classe, désormais étudiant à la Sorbonne en histoire et journalisme, obtenait un contrat d?« assistant d?éducation » au collège Georges-Brassens après avoir été, en juillet 2012, animateur du centre de loisirs. « Il faisait du prosélytisme, expliquait aux enfants qu?ils devaient observer le ramadan », assurent des parents d?élèves. Au bout d?un an, son contrat a été interrompu, sans véritable motif officiel. Pendant qu?il partait en pèlerinage à La Mecque, son ami Quentin abandonnait ses études pour quelques petits boulots, dont celui de chauffeur Uber? Début novembre 2015, Ilyes a été incarcéré, effectivement soupçonné d?appartenir à une filière terroriste. Un troisième Sevranais, Jérôme B., converti comme Quentin, a, lui, été placé en résidence surveillée. La « mosquée Daech » servait bien de point d?ancrage à un noyau de candidats au djihad. Ce n?est qu?après les attentats du 13 novembre que ses locaux ont été perquisitionnés. La ville vient de les racheter pour engager un programme de « rénovation urbaine ». En clair, faire enfin le ménage dans cet îlot déshérité. Aujourd?hui, Stéphane Gatignon, le maire, assure avoir plusieurs fois demandé à la préfecture de fermer la salle. Sans succès, murmurent certains, parce que les services de renseignements antiterroristes y exerçaient une surveillance discrète et y avaient peut-être introduit des indics.
« Dérives communautaristes »
Un autre sujet illustre les « dérives communautaristes » dénoncées par les adversaires du maire. Il s?agit d?une école privée musulmane qui a ouvert cette année scolaire. Une école confessionnelle, de maternelle et primaire. Jusque-là, rien d?anormal. Si ce n?est que les porteurs du projet sont décrits comme des salafistes piétistes, plus rigoristes que la moyenne. Un mail, intitulé « La Madrasa a besoin de vous ! » et truffé d?« inchAllah », appelle les fidèles à faire des dons pour financer l?établissement, affirmant que l?école « croule déjà sous les demandes ». Or, dans le quartier de Rougemont, si l?école a pu voir le jour, c?est grâce au terrain que la mairie accepte de louer aux responsables du projet. « Le maire a signé le bail quinze jours avant les municipales !, insistent encore ses détracteurs. De quoi donner des gages à la communauté musulmane? » Critique balayée d?un revers de main par l?élu qui affirme étudier le dossier depuis quatre ans et préférer « une école qui a vocation à passer sous contrat avec l?Éducation nationale plutôt que des cours semi-clandestins donnés dans des appartements, comme c?était le cas avant ». Sans attendre, la « madrasa » accueille déjà plusieurs enfants censés suivre leur scolarité via le Cned (enseignement à distance). Désormais, la Ville renvoie à l?Éducation nationale le soin de vérifier ce qui se passe à l?intérieur des murs. Non loin de Sevran, une « école » semblable accueille des petites filles entièrement voilées et de jeunes garçons, en longue tunique et calot sur la tête? Rien d?illégal, mais toujours cette « occupation de l?espace public par le religieux » qui finit par gangrener la vie quotidienne.
Clientélisme
Deux conceptions s?affrontent sur la façon de gérer une ville aux multiples communautés. « La méthode Gatignon, c?est de s?appuyer sur des réseaux, religieux, sportifs, etc. », regrette Gilles Boitte, conseiller municipal (Front de gauche), élu au côté de Clémentine Autain. Façon polie de dénoncer du clientélisme. Achraf Ben Brahim (1), un étudiant de Sevran, féru de politique, l?écrit avec une plume vive et acide : « Il y a une instrumentalisation de certaines mosquées qui, en échange de subventions, appellent et incitent au vote de l?édile. » À l?inverse, le maire affirme « être strict sur les principes républicains mais essayer de travailler avec tout le monde ». D?un bord politique opposé, Bruno Beschizza (les Républicains), maire d?Aulnay, refuse de jeter la pierre à son collègue de Sevran : « Face aux surenchères religieuses, nous, maires, sommes seuls. Et, pour tout ce qui touche au terrorisme, nous sommes systématiquement zappés alors que c?est quand même nous qui sommes au contact. »
L?inquiétude gagne car, à Sevran comme ailleurs, « la jonction a été faite entre les trafiquants de drogue et les islamistes », observe un enquêteur de la police judiciaire. Or, Sevran est un haut lieu du deal. Quelque cent policiers sont affectés au commissariat local mais, horaires de travail et récupérations obligent, seuls 17 fonctionnaires sont présents chaque jour pour assurer la sécurité, selon le décompte de Gilles Boitte.
Dans cette ville faite de bric et de broc, véritable non-sens urbanistique, les boutiques traditionnelles cèdent la place à des commerces de kebabs qui vivotent quand ils ne servent pas de « lessiveuses » pour argent douteux. En face du quartier pavillonnaire où habitent les Roy, un immense terrain vague est destiné à accueillir la future mosquée, « officielle et modérée », de Sevran. Ce vendredi matin, aucun ouvrier ne s?active sur les 10 000 mètres carrés de friche. Le chantier prend du retard. L?association musulmane, dominée par les immigrés marocains, historiquement les plus établis à Sevran, peine à réunir les fonds après avoir acheté le terrain 575 000 euros à la Ville. « Le prix normal, celui des Domaines, moins 10 % », précise aussitôt le maire. En ville, les « chibanis » (immigrés retraités), assidus à la prière du vendredi, se font parfois traiter de « mécréants » par de jeunes musulmans extrémistes au prétexte qu?ils collaborent avec « l?État impie »? Un haut fonctionnaire, familier des lieux, jette sans détour : « Dans ces banlieues, qu?est-ce qui a remplacé l?effondrement de l?Église catholique et du Parti communiste ? La religiosité musulmane ! Elle imprègne tout le tissu associatif, du sport au soutien scolaire. Au point que lors des activités, même subventionnées, filles et garçons sont séparés. Si vous avez des enfants et les moyens de partir, c?est clair : vous ne restez pas à Sevran ! »
 
 
 
 
 
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