Marché pétrolier : Accord surprise au sein de l’Opep

Après plusieurs rounds sans issus, les 14 pays exportateurs de pétrole sont finalement parvenus, à l’issue d’une réunion informelle de ses membres à Alger, de s’entendre sur une limitation de l’offre afin de soutenir des prix durablement affaiblis par une offre excédentaire. La production totale du ¬cartel pétrolier sera limitée à 32,5 millions de barils par jour, contre un niveau actuel de 33,24 millions. C’est la première fois en huit ans qu’une telle décision de réduire la production de pétrole intervient. Les niveaux de production pour chacun de ses membres ne seront toutefois définis qu’à l’occasion de leur prochaine réunion ministérielle prévue le 30 novembre à Vienne. Cette réduction de la production décidée reste toutefois inférieure à la hausse de la production observée sur un an au sein de l’Organisation: en août, le cartel a pompé 33,47 mbj, un bond de 930.000 barils sur un an, selon l’AIE. Ceci étant, cette nouvelle a immédiatement fait grimper les cours du brut, qui ont clôturé en nette hausse à New York, alors que les marchés s’attendaient au contraire à ce que la réunion informelle d’Alger aboutisse à un constat de désaccord. Les cours du baril de référence (WTI) aux Etats-Unis ont gagné 2,38 dollars à 47,05 dollars sur le contrat pour livraison en novembre. L’Arabie Saoudite, qui jusque là était intraitable sur la question sous la motivation anti-iranienne, et face à ses déficits budgétaires (la Royaume a baissé de 20% les salaires de ses fonctionnaires et a supprimé certaines de leurs primes et autres avantages financiers) et autres effets de sa croisade yéménite, a fini par cédé a ce réajustement de la production du cartel pour renflouer ses caisses. Le plus grand producteur consentirait, selon son ministre en charge du secteur, Khaled al-Faleh, à ce que l’Iran, la Libye et le Nigeria, soient autorisés à « produire aux niveaux maximum qui fassent sens ». Pour ce qui est de la Russie, deuxième producteur mondiale, elle avait déclaré qu’elle ajusterait sa production en fonction de la décision du cartel dont elle est exclue. Du côté des USA, cette aussi une bonne nouvelle qui devrait relancer la production du pétrole de schiste qui devrait atteindre son seuil de rentabilité grâce à cet accord qui établit de fait un cours plancher proche de 50 dollars le baril. Anticipant ce rebond, une trentaine de compagnies ont ainsi levé au total la somme record de 20,4 milliards de dollars sur les marchés actions au cours des huit premiers mois de l’année, la moitié d’entre elles pour acheter de nouvelles terres et l’autre part est dédiée à étendre leurs exploitations qui se situe en partie dans le Bassin permien, dans l’ouest du Texas.

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