Le Maroc aux portes de l’UA : Au-delà de l’appel royal…

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Le Maroc a lancé un véritable pavé dans la mare panafricaine. Bousculant les canons qui ont marqué la démarche du Royaume à l’endroit de l’Union africaine, Rabat s’étant retiré de l’OUA, ancêtre de l’organisation panafricaine en 1984, en signe de protestation contre l’admission de la fantomatique république sahraouie RASD, c’est le roi Mohammed VI qui a annoncé dimanche que le moment était « arrivé » pour que le Maroc retrouve sa « place naturelle » au sein de l’Union africaine.
« Cela fait longtemps que nos amis nous demandent de revenir parmi eux, pour que le Maroc retrouve sa place naturelle au sein de sa famille institutionnelle. Ce moment est donc arrivé », a souligné le roi dans un message adressé au 27e sommet de l’UA qui se tient depuis dimanche à Kigali.
« Par cet acte historique et responsable de retour, le Maroc compte œuvrer au sein de l’UA en vue de transcender les divisions », a déclaré le souverain.
« La reconnaissance d’un pseudo-Etat était dure à accepter par le peuple marocain », a écrit Mohammed VI dans son message. A l’époque, « ce fait accompli immoral, ce coup d’Etat contre la légalité internationale, ont amené le Royaume du Maroc à éviter la division de l’Afrique au prix d’une douloureuse décision, celle de quitter sa famille institutionnelle ».
A présent, « le temps est venu d’écarter les manipulations, le financement des séparatismes » poursuit le roi qui rappelle que « sur la question du Sahara, l’Afrique institutionnelle ne peut supporter plus longtemps les fardeaux d’une erreur historique et d’un legs encombrant ».
« L’Union africaine n’est-elle pas en contradiction évidente avec la légalité internationale ? », demande le roi, relevant que la RASD, « ce prétendu Etat », n’est membre ni de l’ONU, ni de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ni de la Ligue arabe. Il relève aussi qu’ »au moins 34 pays » membres de l’UA ne reconnaissent pas la RASD.
Le Maroc « est confiant dans la sagesse de l’UA pour rétablir la légalité et corriger les erreurs de parcours », déclare Mohammed VI. Avec une « neutralité retrouvée », elle pourrait « contribuer d’une manière constructive » à l’émergence d’une solution, estime le roi, soulignant qu’un « processus est en cours sous la supervision du Conseil de sécurité » des Nations unies.
Le retour du Maroc au sein de l’organisation panafricaine doit être validé par un vote au sein de la Commission de l’UA. Et c’est bien à ce niveau-là que les choses se compliquent au regard du message adressé par le Sommet de Kigali au Maroc. D’abord, une minute de silence observée à la mémoire de l’ancien patron de la fantomatique RASD et, ensuite, l’assurance de la bienvenue à son successeur Ibrahim Ghali. L’Afrique du Sud aura donc choisi son camp, via Mme Zuma qui officie au sein de l’organisation panafricaine. Reste l’Algérie qui a fait l’objet d’une tournée du duo Bourita-Yassine El Mansouri pour tenter de déverrouiller le système par trop braqué sur l’option séparatiste qui répond plus à des impératifs de leadership régional qu’à une attitude de prise en charge de la cause d’un prétendu peuple laissé aux abois dans des camps de la honte. Tout prête à dire que la position algérienne reste des plus mitigée. Une partie du système serait favorable à une normalisation avec le Royaume, quitte à opérer un lâche du Polisario, comme l’avait exprimé naguère Amar Saadani, patron du FLN. Alors que dans les milieux irréductibles, ceux qui se cachent derrière les uniformes « vert militaire », toujours à l’écoute de Khaled Nezzar et Toufik, ex-patron du puissantissime DRS, c’est la dimension belliqueuse qui reste prégnante à l’endroit du Royaume. Qui de la voix de la raison ou de celle qui résonne au rythme des tambours des va-t-en guerre réussira-t-elle à dominer ? Difficile à dire par ces temps de transition difficile par laquelle passe le voisin de l’Est.

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