Le Maroc au JO de Rio : Lorsque le directeur des sports divague

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Invité de l’émission “L’Match” , diffusée dimanche soir par MEDI1 TV, Mostafa Azeroual, directeur des sports au ministère de la Jeunesse et des Sports a débité des boniments quant à la participation marocaine aux Jeux Olympiques de Rio Janeiro dont l’ouverture est prévue le 5 août prochain.
Mostafa Azeroual s’est contredit lui-même dans cette émission : Dans un premier temps, il a parlé d’un programme de préparations aux Jeux Olympiques entamé il y a deux ans. Quelques minutes après, il a prétendu qu’un programme olympique a été lancé il y a quatre ans de cela en concertation avec le CNOM (Comité National Olympique Marocain).
En réponse à des questions de députés soulevées il y a deux mois à l’hémicycle, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Lahcen Sekkouri, avait parlé d’un programme de préparations aux Jeux Olympiques qui a été mis en oeuvre depuis début de l’année 2015, c’est à dire il y a un an et demi.
En tout cas, de ces contradictions on relève l’improvisation dans laquelle s’englue de plus en plus le sport marocain. Et quand on est face à un profil étrange comme celui de Mostafa Azeroual, il y a de quoi être sidéré. Ce directeur des sports est un ingénieur -paysagiste, lauréat de l’Institut Agronomique et Vétérinaire de Hassan II à Rabat.
Ayant succédé à titre intérimaire à Saïd Boukhari en décembre 2012, M. Azeroual avait été officialisé directeur des sports en septembre 2013 par l’ex-ministre, Mohammed Ouzzine, contre des cadres de haut niveau dans le domaine sportif en l’occurrence Mostafa Aouchar. Il faut dire que depuis 2012, les considérations partisanes au ministère de la Jeunesse et des Sports prévalent sur celles de la compétence et du savoir-faire. La Direction des sports qui doit être la clef de voûte de ce département est fragilisée, dans son ensemble, par un déficit en matière de compétences hautement qualifiées.
Dans cette émission “L’Match” de notre confrère Jalal Bouzrara, les vraies questions n’ont pas été posées. Ce ne sont pas les questions liées à la situation illégale dans laquelle se trouve le CNOM depuis plus d’une décennie qui méritaient d’être soulevées, mais plutôt celles liées aux préparatifs des Jeux Olympiques devant répondre aux critères du sport de haut niveau. C’est là que le bât blesse ! Car il faut reconnaître que nous ne sommes pas un pays à culte olympique qui ne dispose pas de politique sportive de haut niveau. Autrement dit, si nous avons des sportifs de haut niveau, nous n’avons ni cadres ni dirigeants stratèges du même acabit.
Dès lors, quel que soit le bilan de Rio Janeiro, rien ne doit dissimuler le grand bazar dans lequel se trouve le sport marocain en mal de choix stratégiques. Une affaire d’Etat que les divagations d’un ingénieur ne sauraient occulter.

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