Le Maroc et l’UA : Les batailles à venir

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La ferme volonté affichée par le Maroc pour intégrer les rangs de l’Union africaine après une éclipse de plusieurs décennies ne devrait pas, en principe, poser un quelconque problème pour les instances décisionnelles de l’organisation panafricaine. Mais il faut dire que les structures de cette instance qui appellent à être rénovées, et ce dossier sensible est aujourd’hui entre les mains du Président burundais Kagamé, avec lequel le Roi du Maroc a eu de récentes discussions à Kigali, sont encore loin de répondre avec la célérité appropriée aux desiderata du Royaume. Il y a, certes, le poids de l’inertie bureaucratique qui pourrait être mis en avant pour expliquer le déficit en matière de réactivité de la Commission de l’UA face à une demande d’adhésion expresse formulée par le Royaume, Mme Zuma l’ayant déjà dûment reçue, à New York, des mains du Conseiller royal Taïeb Fassi Fihri en marge des travaux de l’ONU. Mais on ne saurait occulter, non plus, l’autre dimension d’un tel retard à l’allumage lié, lui, à des considérations politico-diplomatiques qui dépassent le cadre des pesanteurs strictement bureaucratiques : la Commission de l’organisation panafricaine étant présidée par une personnalité qui ne fait aucun mystère sur ses accointances avec les adversaires de la cause saharienne marocaine. Rien d’étonnant dès lors à ce que cette instance de l’organisation panafricaine traduise, dans les faits, la démarche traditionnelle des adversaires de la marocanité du Sahara qui consiste toujours à mettre les bâtons dans les roues pour stopper net tout élan diplomatique marocain. C’est la raison pour laquelle le Souverain n’a pas hésité à attirer l’attention du Président tchadien, actuel Président du 27 è sommet africain, sur une telle défaillance. Ce qui souligne, sans coup férir, que la « Jet Diplomacy » continue sur sa lancée pour faire en sorte que la voix du Maroc soit plus audible et mieux répercutée en Afrique. Le pli pris par la diplomatie marocaine, plus offensive et davantage proactive, est désormais un acquis sur lequel il faudra capitaliser pour faire entendre la voix de la raison aux soutiens des adversaires de la cause nationale marocaine, bernés qu’ils sont par un dossier monté de toutes pièces et éminemment fallacieux. La récupération par le Maroc de son Sahara, amputé par un partage colonial qui a fait son temps, relève d’une cause juste que seuls les partisans de l’émiettement des entités étatiques en Afrique ont tendance à mystifier pour asseoir une prétendue suprématie en se jouant du principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La ficelle est tellement grosse qu’elle a tendance à berner, facilement, ceux qui ignorent le fin fond du problème.
En tout état de cause, le Royaume ne manque pas de soutiens à l’échelle du Continent pour faire valoir ses droits historiques. D’ores et déjà, pas moins de 28 Etats membres de l’UA avaient soutenu le retour du Royaume dans le giron africain. Et il n’est pas étonnant que d’autres pays se joignent à la démarche déjà exprimée par des soutiens traditionnels du Maroc. La tournée royale dans deux pays de l’Est africain a représenté un vif succès qui sera consolidé par un prochain déplacement royal en Ethiopie. Le Maroc étant décidé à franchir tous les obstacles pour asseoir ce à quoi les peuples africains aspirent : une coopération sud-sud avantageuse et une quête de prospérité partagée. Une trajectoire claire dans ses objectifs, comme dans ses moyens, qui représente une réelle gêne pour les adversaires du Maroc. Mais jusqu’où peuvent-ils pousser la roue dans le sens contraire de l’Histoire ? S’il serait précipité d’avancer un quelconque échéancier, force est de rappeler que les Marocains, motivés qu’ils sont pas la justesse de leur cause nationale, nullement en contradiction avec la diplomatie économique et cultuelle déployée dans le continent, sont décidés à rendre coup pour coup pour que leurs revendications légitimes soient prises en compte. La meilleure défense étant l’attaque.

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