Mauvaise note scolaire pour Belmokhtar

Ayant fait de l’Education nationale un de ses chevaux de bataille, le gouvernement Benkirane semble échouer sur ce plan. Et l’aveu d’échec vient du département de Belmokhtar. Bien qu’il y ait quelques améliorations à relever, le bilan des quatre dernières années ne prête pas à l’optimisme.

Après le fiasco total du programme d’urgence de l’Education nationale (2009-2012), qui avait coûté à l’Etat 3,3 milliards de dirhams, tout le monde s’attendait à ce que l’actuel gouvernement prenne les choses en main pour arrêter l’hémorragie. Mais rien de tout cela. Au lieu de s’améliorer la situation de l’Education nationale va de mal en pis depuis la nomination de Benkirane à la tête de l’Exécutif. La preuve : le phénomène de la déperdition scolaire, qui constitue pour le Maroc un boulet qui entrave son décollage économique et social, n’a fait que s’alourdir. En effet, selon un rapport du département de tutelle révélé par le quotidien d’Akhbar Alyoum, « le taux d’abandon scolaire est passé entre les années 2011-2012 et 2014-2015 de 10,4% à 12,2% ». Ce taux, qui concerne essentiellement les cycles du primaire et du collège, donne un aperçu sur l’effet pervers du durcissement des examens de sortie des études primaire et du cycle secondaire collégial. En atteste, le taux de réussite au certificat d’études primaires qui a chuté de 89,9% à 83,6% entre 2011-2012 et 2014-2015. Mais aussi celui relatif aux études collégiales qui a, à son tour, chuté en passant de 57,6% à 51,9% sur la même période. Cette tendance n’a pas épargné les élèves du terminal qui, eux aussi, ont vu leur taux de réussite fléchir de 57,3% à 55,6% entre 2012 et 2015, avec un maintien des performances concernant les filles (un taux stable 60%).
Pour ce qui est de la moitié pleine du verre, il y a lieu de mettre à l’actif de l’actuel gouvernement les légères hausses des taux de scolarité des filles entre les saisons scolaires 2011-2012 et 2014-2015. En ce qui concerne celles qui font des études primaires (âgées de 6 à 11 ans), le taux de scolarisation est passé de 97,9% à 99,1%. Une hausse qui a été plus conséquente en milieu rural où ce taux a grimpé de 95,9% à 98,3%. De la même manière, le taux de filles qui font des études collégiales a lui aussi augmenté de 83,7% à 90,4% sur la même période et passé dans les zones rurales de 64,5% à 75,1%. Bien qu’insuffisantes, ces performances sont plus importantes en ce qui concerne le lycée. Le taux de scolarisation des filles âgées de 15 à 17 ans a grimpé de 58,5 à 70,1%, avec à la clé une très importante hausse en milieu rural (de 24,2% à 39,5%)… Mais ce taux reste très faible.
En s’attardant sur ces chiffres, on s’aperçoit pourquoi le rapport 2014 de Bank Al Maghrib avait plaidé pour « une thérapie de choc de l’Education » en citant la dégradation de l’Education comme une des raisons de la lenteur de la dynamique économique.

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