McKinsey loue le méga marché africain : Un optimisme tout en nuances…

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Mc Kinsey, prestigieux cabinet de conseil US, a présente jeudi la deuxième édition de son rapport d’analyse sur les économies africaines. Si la conjoncture est moins favorable qu’en 2010, date de la première publication, le cabinet plaide toujours en faveur du potentiel africain en mal de réformes. Si lors du Forum économique de Kigali, en mai dernier, quelques conclusions avaient fuité, il n’en reste pas moins que le gros du rapport est resté sous le coude. On compend dès lors que le rapport soit si attendu. Intitulé « Lions on the Move II : Realizing the Potential of Africa’s Economies », le rapport prend acte d’une conjoncture économique plus chaotique : « la photographie est aujourd’hui plus complexe ». Si les PIB africains avaient bondi de +4,9% entre 2000 et 2008, doublant le score moyen des années 1980 et 1990, « la croissance s’est depuis significativement ralentie », note le rapport qui fait état d’une croissance moyenne de +3,3% entre 2010 et 2015.
Le rapport abandone les lieus communs à travers l’effort de différenciation des situations économiques divergentes d’un pays à l’autre. Trois groupes de pays africains apparaissent selon les analystes: ceux qui surnagent et dont la croissance se maintient à leur niveau des années 2000 au-delà de +4% par an, et les pays secoués par les Printemps arabes ainsi que les pays pétroliers qui eux subissent le ralentissement économique beaucoup plus durement.
N’empêche, l’essor africain est toujours là ; McKinsey fait cas des dépenses des ménages et des entreprises qui devraient bondir de 645 et 970 milliards de dollars respectivement d’ici 2025, pour faire des pays africains un méga-marché à 5 500 milliards de dollars.
Même si le bond se concentrera en Afrique du Sud, en Afrique de l’Est, en Égypte et au Nigeria, il n’en reste pas moins que les 15 pays d’Afrique francophone de l’Ouest et Centrale, ainsi que le Maroc, l’Algérie et la Tunisie joueront un rôle.
Cette croissance sera notamment tirée par l’urbanisation — le PIB par habitant étant en règle générale deux fois supérieur à celui des zones rurales — qui verra 187 millions de personnes supplémentaires rejoindre les villes en 10 ans. Les urbains africains dépasseront même leurs homologues chinois à échéance 2045 avec plus d’un milliard de personnes.
Pour y répondre, les 700 entreprises africaines dont le chiffre d’affaires dépassent les 500 millions de dollars ont de nombreuses cartes à jouer. Pourtant, elles n’ont atteint qu’un tiers de leur potentiel, estime le cabinet de conseil.
Couplée à une hausse des exportations, la capacité des groupes africains à capter une part grandissante de la demande intérieure pourrait doper les industries manufacturières (chimie, machines, caoutchouc, filière agroalimentaire, bois, métaux…) de 500 milliards de dollars en 2015 à 930 milliards de dollars en 2025. McKinsey évalue de 6 à 14 millions les emplois qui seraient ainsi créés.
Pour se donner les moyens de ses ambitions, le rapport invite les pouvoirs publics à s’ajuster à plusieurs « impératifs », à commencer par une capacité renforcée à lever des impôts. Dix pays collectent à l’heure actuelle 80% des 300 milliards de dollars de revenus fiscaux africains : Afrique du Sud, Nigeria, Algérie, Maroc, Kenya,..
Un autre moyen pointé par le rapport pour développer les ressources d’épargne et d’investissement passe vis les assurances vie et les fonds de pension.
McKinsey invite enfin les exécutifs à aller plus loin dans la diversification de leurs économies et dans le renforcement des infrastructures (80 milliards de dollars par an qui devraient être doublés).

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