Ministère de la Jeunesse et des Sports: La sclérose

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Au ministère de la Jeunesse et des Sports, on change de ministre comme de chemises. Dans un département gouvernemental sclérosé, ankylosé et obsolète.

En quatre années, le ministère de la Jeunesse et des Sports a vu par trois fois consécutives le changement de son ministre. Et au nom d’une drôle d’alliance gouvernementale, ce maroquin est confié à un partisan du Mouvement Populaire pour réguler un mouvement sportif désemparé.
La contradiction principale n’est pas dans le changement des ministres ni même dans leur obédience partisane. Elle réside indubitablement dans l’absence des choix stratégiques de l’Etat en matière de développement du sport. Fragilisé par l’absence de profils qui correspondent à ses missions, constat établi aussi au niveau des délégations provinciales et/ou préfectorales, ce ministère est devenu l’apanage du Mouvement Populaire. Les dysfonctionnements sont récurrents là où il serait illusoire d’aspirer à une réforme de cette administration de mission dont les décideurs doivent balayer devant leurs portes avant de balayer devant celles des fédérations sportives.
La volonté où plutôt le courage politique fait défaut et l’on a du mal à voir encore un Conseil du Gouvernement qui daube sur le sport du fait qu’il n’a jamais mis en place la stratégie de son développement ni avoir procédé à l’évaluation de sa « politique publique » conformément à l’article 92 de la Constitution. Une négligence grave alors qu’il s’agit bel et bien d’un secteur constitutionnalisé (Articles 26, 31 et 33).
La sclérose c’est aussi l’arsenal juridique obsolète. Les incohérences, la non application des textes qui existent déjà, la non promulgation d’autres textes d’application notamment de la loi 30-09 sont autant de hiatus qui plombent le sport. D’autant plus que la loi dite relative à l’Education Physique et aux Sports est inconstitutionnelle et anticonstitutionnelle car d’une part, elle se réfère à la constitution de 1996, et d’autre part, nombre de ses dispositions sont incohérentes avec la nouvelle constitution.
Ceux qui prêchent l’abrogation du ministère de la Jeunesse et des Sports en le remplaçant par un Haut Commissariat au Sport (En 1965, feu Hassan II avis mis en place cet organisme appelé ‘’Haut Commissariat au Sport et à l’Education Civique’’ dont le responsable était l’actuel président qui régente le CNOM en toute illégalité) veulent noyer le poisson.
En attendant, au ministère, tous les appels à candidatures antérieurs ont fini par profiter aux candidats qui obéissent à des considérations partisanes ! Le cas de la Direction du Sport est flagrant car il s’agit bel et bien d’un ingénieur-paysagiste, recruté il y a quinze ans par Ahmed Moussaoui, autre ministre « populaire ». L’actuel directeur du Sport est déjà pointé du doigt par des dirigeants de fédérations sportives et son nom figure bien dans la liste des sept responsables du scandale de la pelouse du Complexe Sportif My Abdellah à l’occasion du mundialito des clubs de football en décembre 2014. Pour rappel, seul le Secrétaire Général, Karim Aqari, a été évincé en lançant un appel à candidatures il y a trois mois sans que le jury ne sélectionne le vrai candidat qui devrait, peut être, être d’obédience politique de l’actuel ministre de la Jeunesse et des Sports et surtout de ses prédécesseurs dont les agissements occultes sont un secret de polichinelle.
La lenteur lancinante est à déplorer aussi quant au lancement des appels à candidatures de la SONARGES, sans DG depuis deux ans, de la MDJS, de l’Institut Royal My Rachid, du Complexe Sportif My Abdellah et la Direction du Sport.

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