Minorités religieuses : Washington tacle encore Rabat

Un rapport américain de plus qui risque de jeter un coup de froid de plus dans les relations maroco-américaines. Il s’agit de celui que le Département d’Etat US consacre à la liberté religieuse à l’international au titre de l’année 2015. Souvenons-nous de la réaction pour le moins courroucée des responsables marocains au lendemain de la publication du rapport sur les droits humains pour la même année. Rapport qui a été ciblé par les critiques des officiels qui l’ont démonté cas par cas… Et amené l’ambassadeur US au Maroc, reçu à cet effet à Rabat, à présenter ses plates excuses.
Le rapport fait état des craintes exprimées par les représentants des minorités religieuses au Maroc, notamment les chrétiens, les chiites et les baha’is. Ces derniers affirment craindre la surveillance exercée par le gouvernement, indique le rapport. Dans ce rapport rendu public mercredi 10 août, le Département d’Etat relève que les adhérents au christianisme, au bahaïsme et au chiisme s’abstiennent de pratiquer leur culte en public et préfèrent rester dans la clandestinité, notant que le gouvernement marocain permet toutefois aux communautés chrétiennes étrangères d’assister aux offices religieux dans des endroits définis.
Le rapport ajoute que le gouvernement arrête et interroge des Marocains chrétiens sur leurs croyances et leurs relations avec d’autres personnes du même culte. Les autorités marocaines réaffirment de la sorte, ajoute le rapport, leur politique qui s’oppose à tout effort visant à convertir des musulmans au christianisme et continuent de restreindre la distribution d’un contenu religieux non-islamique et d’un contenu islamique jugé incompatible avec le rite malékite adopté au Maroc. Bien entendu, le Département d’Etat n’a pas manqué l’occasion pour mettre un focus sur l’Association Justice et bienfaisance. Si le gouvernement marocain continue d’interdire le mouvement Al Adl Wal Ihssane à cause de son « rejet de longue date » de la prééminence de l’autorité spirituelle du roi (Amir Al Mouminine), souligne le rapport, il n’en reste pas moins que certaines des activités de ladite association sont tolérées.

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